« Maatel a été créée pour répondre à la demande de produits électroniques spécifiques, que ce soit des cartes, des sous-ensembles ou des produits complets », résume Franck Degiovanni, actuel dirigeant de Maatel. Si les technologies ont fait un bond en l'espace de 40 ans, le coeur de métier de l'entreprise iséroise, qui compte aujourd'hui 60 salariés, est resté le même. « Nous avons élargi nos domaines d'activité, avec l'idée de développer des produits sur la base du cahier des charges de nos clients ». La société oeuvre dans trois principaux secteurs : l'électronique industrielle et le segment en croissance de l'électronique médicale. Mais aussi l'électronique scientifique, à travers la fourniture de produits pour tous les synchrotrons à travers le monde, qui représente 16 à 20% des ventes de la société. Avec 12 M€ de CA enregistré en 2015, Maatel fabrique près de 250.000 produits par an. Mais la majeure partie de ses contrats demeurent confidentiels. « Nos produits peuvent être intégrés dans tout produit nécessitant de l'intelligence embarquée », précise le dirigeant.
L'opportunité des normes
En dehors de l'instrumentation scientifique, dont la couverture est mondiale, la clientèle de Maatel est surtout régionale ou basée en Ile-de-France. «Parce que nous répondons aux demandes spécifiques de nos clients, le besoin de proximité est important », détaille Franck Degiovanni. Pour se différencier de la concurrence, nombreuse dans le secteur de l'ingénierie, la société mise sur ses processus de développement certifiés qui lui permettent de prendre des parts de marché dans des domaines comme le médical, où les exigences normatives sont fortes. « Nous sommes certifiés ISO 9001 et ISO 13485, ce qui nous permet de justifier de la qualité de nos développements. C'est un atout car peu de sociétés ont la structure pour répondre aux exigences de certaines normes », explique Franck Degiovanni. La société est ainsi devenue le fournisseur de grands noms des dispositifs médicaux, comme le leader mondial des pousse-seringues et pompes à perfusion, Fresenius-Kabi. «Dans ce domaine, l'un des défis est de bien choisir les partenaires qui ont le plus de chances d'aller au bout des projets, car la durée de développement moyenne d'un produit dans cette industrie est de 2 à 3 ans ».
Mailler le territoire
Après avoir enregistré une croissance d'environ 7% sur la dernière année, la société iséroise vise toujours une croissance modérée pour 2016, avec un nouvel objectif : étendre sa zone d'action pour aller gagner de nouveaux contrats, dans l'Hexagone, mais aussi en Suisse, où l'industrie médicale est forte. « Nous sommes en train d'étudier les différentes options, que ce soit des bureaux, acquisitions, etc... pour une mise en action en 2017 », annonce-t-il. Maatel travaille également sur la finalisation de deux projets européens lancés en 2013, et dont les financements représentent plusieurs centaines de milliers d'euros : avec d'un côté, un système de réalité augmentée visant à améliorer la rééducation de personnes atteintes d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), et de l'autre, un dispositif facilitant la remontée d'informations au sein des cultures biologiques. Pour le premier, le marquage CE est en cours, pour une commercialisation attendue d'ici début 2017. « Dans le cadre de ces projets, nous travaillons en lien avec des PME, des ETI et des start-ups, telles que la suisse MindMaze sur les AVC. Notre rôle est de livrer des équipements qui vont ensuite être intégrés dans les prestations complètes de nos clients », précise Franck Degiovanni.
Maatel
(Moirans)
Dirigeant : Franck Degiovanni
60 salariés
CA 2015 : 12 M€
www.maatel.com