Avec 37.000 emplois, soit une part de 15% de l'emploi salarié du Maine-et-Loire - la moyenne nationale s'élevant à 10% - l'économie sociale est très présente en Anjou. Et ses acteurs ne comptent pas en rester là. L'Inter réseau de l'économie sociale angevine (IRESA) et ses quarante-huit adhérents viennent d'étendre leur sphère d'action du Pays d'Angers à tout le 49 en début d'année. Élu le 17juin, son nouveau président Patrice Moysan, qui succède à Jean-Pierre Bénard, ancien directeur de la Mutualité Française Anjou-Mayenne et fondateur du réseau en 2005, aura notamment pour mission d'agrandir le réseau sur le territoire des Mauges. Un collectif pourrait voir le jour dès novembre prochain à l'occasion du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), en s'appuyant sur des grands noms de l'ESS comme Mateloc ou la Mutuelle Choletaise . Un travail d'animation. «Nous n'allons pas créer le réseau mais accompagner les acteurs pour qu'ils fassent émerger de nouveaux collectifs entre eux», insiste le directeur de la Sadel (coopérative d'enseignants d'édition et librairie).
Se faire connaître
L'IRESA et ses mutuelles, coopératives et associations veut aussi renforcer l'identité de l'ESS selon le triptyque: «Se connaître, se faire connaître et se faire reconnaître.» Pour y parvenir, des actions prioritaires ont été définies lors de la dernière AG, le 1erjuin dernier. Entre autres, la mise en place d'une stratégie de communication avec des ateliers d'initiation approfondie aux nouveaux médias (réseaux sociaux, sites de ressources solidaires...). En septembre, l'association conviera également les maires du Pays d'Angers à une matinée thématique sur la reconquête des commerces locaux. Circuits courts et SCIC (sociétés coopératives d'intérêt collectif) y seront évoqués. Cette dernière structure associe consommateurs, salariés et collectivités (jusqu'à hauteur de 20% du capital) au sein de l'entreprise. «À Savennières, par exemple, où l'épicerie s'est transformée en SCIC il y a deux ans, 200 personnes ont adhéré et pris plus de 600 parts, raconte Patrice Moysan. Récemment, les bénévoles ont refait la cave. Tous les week-end, ils mettent la main à la pâte, gèrent la caisseetc.»
Former les décideurs
Parallèlement, l'IRESA poursuit ses actions de sensibilisation auprès d'experts comptables, conseillers des chambres de commerce, des banques et autres décideurs intervenants au moment des reprises d'activité. Des décideurs «trop éloignés de ce type de formules», selon Jean-Pierre Bénard. «L'économie sociale peut-être une réponse forte face à la crise, rappelle l'ancien président de l'IRESA. Et les SCOP sont une solution aux difficultés de reprise. Le rachat par les salariés étant sans doute la meilleure caution de la valorisation de l'entreprise.» Une formation des chargés de développement du Crédit Agricole Anjou-Sarthe-Mayenne a déjà eu lieu, fin juin, en collaboration avec l'Union régionale des SCOP.
Tel: 02.41.88.91.07;www.iresa.org
Patrice Moysan, directeur général de la Sadel est le nouveau président de l'Inter réseau de l'économie sociale angevine (IRESA). Il aura pour mission d'étendre l'association dans le Maine-et-Loire, en commençant par les Mauges.