Investissements étrangers : La Bretagne à la traîne pour les projets
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Investissements étrangers : La Bretagne à la traîne pour les projets

Si le bilan des investissements étrangers est à la hausse au plan européen et national (+ 8 %) pour 2014, il reste peu porteur en Bretagne avec 11 projets pour seulement 222 emplois.

Étrangement, aucune communication officielle n'a encore été faite en Bretagne sur le bilan 2014 des investissements étrangers... D'habitude, à grands renforts de conférences et communiqués de presse, chaque région tire son propre bilan (et donc sa couverture) au premier trimestre. Nous sommes déjà en mai et toujours rien à l'horizon. Pourtant, le bilan est bel est bien paru publiquement et rendu disponible notamment sur internet. Il suffit de le trouver...




Reprise nationale, pas locale

Au niveau national, le bilan est plutôt bon. En 2014, après trois ans de stabilité, les investissements des firmes étrangères sont repartis à la hausse : + 8 % à périmètre constant (740 projets contre 685 en 2013 et 693 en 2012). Alors que sur la même période, les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) ont connu une baisse du même ordre (8 %) impactant surtout les États-Unis ; +16 % pour l'Union européenne. L'an passé, pour la France, c'était la « deuxième meilleure année en dix ans » (avec 2010) : 1.014 décisions d'investissement ont créé ou maintenu 26.535 emplois, parmi lesquelles 68 projets de reprises de sites par des investisseurs étrangers ont permis de sauvegarder 6.411 emplois. On apprend aussi que « les entreprises étrangères investissent en premier lieu dans les activités de production » : celles-ci concentrent 30 % des investissements réalisés en France en 2014, soit 303 projets. Ces projets représentent un enjeu de 11.601 emplois, soit 44 % de l'emploi total. Les projets d'investissement étrangers dans les fonctions de R & D, ingénierie et design représentent eux 9 % de l'ensemble des investissements (91 projets contre 77).




La région mauvaise élève

Dans ce bilan, il faut bien chercher pour trouver la région Bretagne. Les deux tiers des nouveaux investissements sont localisés dans six régions habituelles : Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Côte d'Azur, Nord - Pas-de-Calais et Alsace... Toujours pas la Bretagne. Région qui avait pourtant une carte à jouer dans son agroalimentaire, secteur qui concentre le plus de projets (83 pour 1.858 emplois), juste devant l'énergie-recyclage (75/1.225) et les équipements électriques-électroniques-informatique (73/2.266).




11 projets pour seulement 222 emplois

En 2012, la Bretagne avait attiré 18 nouveaux projets d'investissements étrangers pourvoyeurs de 735 emplois ; en 2013, ce chiffre avait diminué à dix projets (425 emplois) et il stagne en 2014 à 11 projets ; un projet de plus se traduit par + 10 % certes, mais pour seulement 222 emplois ! Pour estimer la contribution des filiales étrangères à l'emploi et à l'activité des régions, les créations d'emplois liées aux nouveaux investissements étrangers peuvent aussi être rapportées à l'emploi salarié, selon l'agence Business France (fusion Afii/Ubifrance) qui publie ce bilan annuel : via ce ratio, la Bretagne fait vraiment figure de mauvaise élève, dernière à 0,20/1000 pour un ratio moyen de 1,01. Les multinationales sous contrôle étranger réalisent 34 % du CA de la région Alsace, 26 % de celui de la Picardie, 25 % de l'Ile-de-France, 20 % de Rhône-Al

pes... mais seulement 7 % de la Bretagne. Et 5 % de l'emploi régional, l'un des plus faibles taux français. À l'exportation, elles contribuent à hauteur de 21 % à la balance commerciale bretonne, contre le double pour le Nord - Pas-de-Calais (région plus européenne), 34 % pour les Pays-de-la-Loire et la Basse-Normandie (plus limitrophes).



Géry Bertrande

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