Investissements étrangers : Auvergne-Rhône-Alpes sous-performe
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Investissements étrangers : Auvergne-Rhône-Alpes sous-performe

Si la région ne recule pas dans le classement établi grâce au rapport de Business France, sa performance au regard de son poids économique est très moyenne.

Selon le rapport publié par Business France Auvergne-Rhône-Alpes a accueilli, en 2016,119 projets d'investissements issus de l'étranger permettant la création ou le maintien de 3.635 emplois. La région a été particulièrement attractive pour les métiers des machines et équipements mécaniques (31 % des investissements étrangers en France dans ce secteur en 2016 ont été dirigés sur Auvergne-Rhône-Alpes) et le travail des métaux (27 % des investissements en France). En 2016, des entreprises originaires de 17 pays différents ont investi dans la région dont notamment l'Italie, premier investisseur régional (27 %), l'Allemagne (13 %) et les États-Unis (12 %). Ces chiffres placent Auvergne-Rhône-Alpes au troisième rang des régions françaises pour le nombre de projets d'investissements loin derrière l'Ile-de-France (355 projets), et juste après l'Occitanie (120 projets). En terme d'emplois créés ou maintenus, indicateur permettant de mieux mesurer l'ampleur des projets, la région pointe à la troisième position également mais cette fois derrière l'Ile-de-France (7.412 emplois) et les Hauts-de-France (4.579). Un classement équivalent par rapport à l'année dernière, voire légèrement meilleur pour le nombre d'emplois, mais moins performant que les années précédentes où la région affichait invariablement une place de numéro 2, plus cohérente avec son poids économique dans l'Hexagone. Autre indicateur de la performance très mitigée de la région : alors que la France a vu le nombre global de projets progresser de 16 % par rapport à 2015, Auvergne Rhône-Alpes est, elle, passée de 124 à 119... Une situation que n'a pas souhaité commenter Martial Saddier, vice-président de la Région en charge de l'économie, malgré nos multiples relances.

Absence d'actions ?

Patrick Martin, président du Medef régional, voit dans ces chiffres la traduction de quelques lacunes locales : « un problème d'infrastructures numériques, routières et ferroviaires et une pénurie de main-d'oeuvre dans certains secteurs d'activités ». Jean-Louis Gagnaire, député PS de la Loire et ex-homologue de Martial Saddier sous la mandature Queyranne, est évidemment plus incisif envers l'exécutif régional actuel. Pour lui, ce bilan montre « l'incapacité de Laurent Wauquiez à mener une grande région comme Auvergne-Rhône-Alpes. Avec son équipe, il a démantelé Erai (Entreprise Rhône-Alpes International, liquidée en 2015 NDLR) mais il n'y a toujours pas de nouvel outil opérationnel ! ». Pour son confrère du PS, Jean-François Débat, maire de Bourg-en-Bresse et leader socialiste au Conseil Régional, le rapport de Business France ne montre pas une situation critique mais doit constituer « une alerte ». Il s'explique : « Je regrette que le schéma de développement économique de la Région ne prévoit rien pour renforcer les liens avec l'international. Je ne voudrais pas que les vicissitudes d'Erai autrefois ne pénalisent désormais l'attractivité de notre région. Les outils ont été tués mais rien n'a été mis en place ». Rien jusqu'à ces derniers jours en réalité. Car la grande agence économique annoncée par Laurent Wauquiez depuis des mois a enfin été installée jeudi 27 avril. Conçue comme un guichet unique pour les entreprises, elle va fédérer les actions en matière d'attractivité économique notamment des anciennes agences de développement départementales remises en cause par la réforme territoriale. Elle intégrera également les missions concernant l'innovation des ex-ARDI (Rhône-Alpes) et ARDE (Auvergne) ainsi qu'une partie de celles de feu ERAI. « Elle va nous donner une vraie force de frappe. Et elle évitera les querelles de territoires à l'intérieur de notre propre région », assure, confiant, le président du Medef AURA.

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