Spécialisée dans l'impression numérique sur textile, Interstiss a connu un développement extrêmement rapide ces dernières années. Un développement que la PME de Lentilly (69) doit en grande partie à une succession d'opérations de croissance externe. «Pendant les 7 premières années de notre existence, nous avons connu une croissance régulière de l'ordre de 35% par an. Et puis, tout s'est accéléré entre2006 et2007 avec la reprise de quatre sociétés à la barre de tribunaux de commerce», confirme Pierre Brunier, qui a fondé l'entreprise en 1997.
Quatre reprises inévitables
150.000 € pour le rachat de la société Vrau (59) spécialisée dans les loisirs créatifs textiles (canevas), 70.000€ pour les Tissages Gilbert (Belgique), 40.000€ de plus pour l'acquisition du spécialiste du vêtement sportif Start (Lausanne), 32.000€ pour l'atelier de fabrication de cravates Coval (26)... Interstiss a investi de l'argent, mais surtout beaucoup de temps pour reprendre et remettre en ordre de marche des sociétés en proie à de grosses difficultés. «Nous n'avons pas vraiment eu le choix. Ces sociétés qui ont déposé le bilan étaient toutes des clients d'Interstiss. L'objectif premier n'était pas tellement de les sauver, mais de sauvegarder des emplois et surtout de ne pas perdre une partie importante de notre chiffre d'affaires. Dans le cadre de Vrau et Start, le rachat était quasiment obligatoire», justifie Pierre Brunier. Délicates sur le plan social, ces reprises ont mis la société Interstiss en danger. «À l'époque, on ne pesait que 1,4M€ de chiffre d'affaires et on s'est lancé dans le rachat de sociétés plus grosses que nous, qui pesaient pour certaines jusqu'à 4M€ de CA. C'était de la folie», commente Pierre Brunier.
Regrouper la production
Pour mieux digérer ces quatre acquisitions, le P-dg d'Interstiss a passé la quasi-totalité de l'année 2010 à rapatrier la majeure partie de ses productions sur un seul et même site de 3.700m² (répartis sur 4 étages) à Panissières. «À Lausanne, nous avions un loyer de 7.000 €/mois. Dans le Nord, la location était de 12.000 €/mois. Regrouper nos productions sur un même site, nous permettait de faire des économies importantes. Et puis, cela nous permettait d'optimiser l'organisation de notre production. Nous réduisons les délais, nous livrons plus vite et donc nous stockons moins. Aujourd'hui, produire en France et ne pas être réactif, c'est juste impossible», argumente Pierre Brunier, qui a toutefois conservé un petit atelier de création à Lentilly (16 salariés) et l'atelier de Coval (16 salariés). Pour mettre en place cette nouvelle organisation industrielle, il aura fallu pas moins de 7 déménagements, représentant 16 semi-remorques. «Nous sommes passés par des étapes intermédiaires comme avec Vrau où nous avons quitté Lille pour faire étape par Villeneuve-d'Ascq avant de rapatrier le tout sur Panissières», précise Pierre Brunier. Et d'ajouter: «Entre le rachat du bâtiment, les nouvelles machines à impression numériques grande vitesse, les nouvelles presses rotatives, nous avons investi près d'1M€. Cela nous a pris du temps, mais depuis mars2011, nos équipes sont totalement opérationnelles».
Une nouvelle activité
Désormais réorganisé, le petit groupe constitué par Pierre Brunier s'est fixé pour objectif de consolider sa croissance rapide et de conserver son leadership. «Avec une production mensuelle qui varie entre 35.000 et 50.000 mètres linéaires, nous occupons aujourd'hui la place de leader français dans l'impression numérique textile. Notre souhait est de conserver et renforcer cette position à horizon 2014. Nous serons peut-être 3e, voir 4e, mais nous ne pourrons pas tenir si nous sommes le 28e par exemple», expose le P-dg. Effet de masse oblige, Interstiss se doit de conserver des volumes importants pour rester placé en terme de prix sur l'achat des matières premières (encres et papier notamment). Pour y parvenir, Interstiss mise sur le lancement d'un nouveau département, baptisée "Média et Communication". «Depuis longtemps, les clients nous sollicitent pour livrer des produits dans ce domaine d'activité. Nous avons décidé de formaliser une offre en réalisant un catalogue qui s'adresse aux sociétés de communication», explique Pierre Brunier. Kakémono, Win flag, serviettes et tee-shirts personnalisables... Pierre Brunier est convaincu que ce nouveau département représentera un axe phare du développement d'Interstiss. «Nous devrions rapidement faire entre 600 et 700.000 € de chiffre d'affaires avec cette nouvelle activité», confirme le dirigeant. Et de conclure: «Depuis 2000, nous avons cherché à nous développer sur des marchés de niches. On poursuit cette même stratégie avec pour mot d'ordre: du fil, du textile et des idées».
Gilles Cayuela
Après avoir rapatrié la quasi totalité de ses productions à Panissières, la PME du Rhône vient de lancer une nouvelle activité. Objectif ? Conforter son leadership.