Joëlle Seux, la directrice de l'AEPI, agence économique de l'Isère, l'avoue : elle ne s'attendait pas à ces résultats en lançant l'étude* sur l'évolution des capitaux étrangers en Isère. Menée sur les données de 2003 à fin 2011, elle révèle en effet que deux tiers des entreprises à capitaux étrangers implantées en Isère en 2011 étaient déjà présentes en 2003. Sur cette période, il y a même eu une augmentation du nombre d'entreprises, passant de 383 à 459, et un accroissement net des emplois, de 40.000 à 41.800, soit 1.800 emplois créés. Il y a bien sûr des mouvements contrastés derrière ces chiffres. Ainsi, 78 entreprises ont été fermées, et 4.700 emplois ont été supprimés. Mais il ressort tout de même que la majorité de ces entreprises à capitaux étrangers, soit 289 d'entre elles, ont des emplois "stables", avec une légère hausse de 300 emplois entre 2003 et 2011, pour atteindre 33.900 emplois.
Prédominance des États-Unis
Ces capitaux étrangers sont fortement présents dans l'industrie, puisque 40 % des emplois de ce secteur sont sous pavillon étranger en Isère (34 % en Rhône-Alpes, 25 % en France). Et à fin 2011, sept des dix premiers employeurs privés isérois sont étrangers : STMicroelectronic (franco-italien) ; Caterpillar (américain) ; Hewlett Packard (américain) ; Becton Dickinson (américain) ; ST-Ericsson (suédo-franco-italien) ; Tecumseh (américain) ; et Siemens (Allemand). Pour rappel, les trois Français sont Schneider electric, Soitec et Calor. Les États-Unis sont les premiers investisseurs en Isère, avec 130 établissements et 13.700 emplois, suivis de l'Allemagne (80 établissements ; 4.300 emplois) et du Royaume-Uni (50 établissements ; 3.000 emplois). Les États-Unis et les pays européens représentent 90 % des emplois sous capital étranger. Les rachats par des groupes étrangers visent avant tout non pas des entreprises en difficulté mais des entreprises à fort potentiel de développement, que ce soit par exemple un groupe qui cède une de ses branches (Schneider electric) ou une PME en développement qui se tourne vers des investisseurs étrangers (Rossignol, Tornier, Dinac, Logica, etc.). Alain Cottalorda, président de l'AEPI, en conclut que « grâce à cette forte présence de capitaux étrangers, le potentiel métropolitain de Grenoble existe au niveau européen ».
www.grenoble-isere.com * Pour son étude, l'AEPI définit les entreprises à capitaux étrangers, celles dont au moins 33 % du capital sont détenus par une ou des entreprises basées à l'étranger.
Rhône-Alpes est la deuxième région française d'accueil d'entreprises à capitaux étrangers, derrière l'Ile-de-France. L'Isère concentre les emplois industriels.