International : L'export breton sur de bons rails
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International : L'export breton sur de bons rails

En pleine disette budgétaire, les PME bretonnes exportatrices lorgnent sur les 42 milliards d'euros de la banque publique d'investissement. Mais l'international régional achève une mue compliquée. Pourtant, le regain des exportations bretonnes est patent.

La Bretagne veut être prête à affronter la nouvelle donne qui se dessine en matière d'international. Avec la puissance de frappe toute neuve de 42milliards d'euros constituée par la banque publique d'investissement. Celle-ci est destinée aux industriels, aux entreprises innovantes et exportatrices. Le futur établissement, opérationnel en janvier2013, pourvoiera aussi les PME en crédits à l'exportation. Les Bretons doivent donc bien structurer leurs institutions internationales. Car les premiers organisés seront les mieux servis en matière de financement. Ce sera l'une des missions de la nouvelle structure Bretagne commerce international (BCI) et de son équipe répartie sur le territoire breton (26 proviennent de Bretagne International, 19 de CCI International). Dans le même temps vont s'accélérer les processus de décentralisation vers les régions et l'organisation par filières, avec un élargissement des pôles de compétitivité existants.




+ 6 % à l'export

«Aujourd'hui, l'export est à l'industrie ce qu'internet est à la distribution.» Cette phrase de Frédéric Lescure, P-dg du groupe Méaban à Vannes qui revendique plus de 50% d'export, résume bien l'absence de choix des industriels bretons. Impossible aujourd'hui d'imaginer produire des biens manufacturés sans en écouler au moins une partie à l'exportation ou à travers des filiales étrangères dédiées. Avec des dépenses de consommation des ménages de - 0,1% et une croissance zéro en France (chiffres Insee), s'impose une efficacité accrue en matière d'international. D'autant que la balance commerciale est toujours dans le rouge. Bien que la Bretagne semble s'en sortir mieux qu'ailleurs. Même si elle n'est qu'au 14e rang des régions exportatrices (et 13e des importatrices). Avec toutefois une inconnue pour les mois à venir: après avoir fait exploser les statistiques en dédouanant massivement ses marchandises depuis Rennes, quel rôle jouera PSA dans la balance des paiements bretonne? À Rennes, où ne sera produite qu'à partir de 2016 la remplaçante de la C5, l'industriel exporte 80% de sa production. Et les matériels de transport sont, derrière l'industrie agroalimentaire (1,8milliard d'euros), le deuxième poste d'exportation régional avec 1,3milliard d'euros. Les équipements pour automobiles en représentent 69,3%, même si les pièces d'acier pour le ferroviaire des Aciéries de Ploërmel, par exemple, prennent aussi leur part. «La Bretagne a augmenté ses ventes à l'export de 6,3% d'un semestre à l'autre, contre une progression de seulement 1,4% au niveau national», note Claude Paloteau de la Direccte Bretagne. Le record breton d'avant crise (dixmilliards d'euros en 2008) a même été battu en 2011, avec 10,9milliards d'euros d'exportations. Et il y a des marges de manoeuvre pour des outsiders puisque 57,5% des exportations sont concentrées entre les mains de seulement 50 entreprises.

C'est donc le moment de surfer sur la vague export. Même l'université de Bretagne Sud, désormais présidée par l'anglophone Jean Peeters, multiplie les passerelles entre étudiants candidats au déracinement et entreprises axées international. Pourtant, les licence pro assistant export trilingue ou master pro responsable du développement international ont beau proposer leurs services gracieux pour des études de marché, leurs CV ne sont parfois même pas acceptés.




Part de risque

«Nous cherchons des gens qui comprennent assez vite, qu'on n'aura pas à former mais à accompagner», cadre Bertrand Gilot, directeur commercial de la Fruitière du Val Evel près de Pontivy qui exporte ses coulis de fruits auprès des grands chefs internationaux. «Nous repensons notre façon d'aborder le grand export. On travaille trop à distance. Voir nos clients sur les salons ne suffit pas, nous cherchons des gens qui acceptent d'aller sur place. Mais nous avons déjà vu des candidats refuser de partir en Chine au dernier moment. A contrario, nous avons embauché une personne en Volontariat international en entreprise à Londres.» Sophie Pétillon, commerciale export chez Guedo à Saint-Avé (mécanique de précision) se fait, elle aussi, l'avocate du VIE. Ce statut l'a amenée à développer 360.000euros de chiffre d'affaires export en 2011, avec six clients récurrents allemands et un récent aux Pays-Bas. Il y a aujourd'hui plus de 100 VIE bretons. Des candidats suffisamment motivés pour accepter parfois le principe d'un double loyer et d'être durablement coupé de leurs racines bretonnes. Car pour les entreprises comme pour les individus, l'international comporte sa part de risque.

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