Après trois ans d'atermoiements, l'Institut de recherche technologique en aéronautique, espace et systèmes embarqués (IRT AESE) vient d'être lancé. Basé à Toulouse, ce centre de R&D rayonnera jusqu'en terres bordelaises, où une partie de l'activité sera déployée. Caractéristiques de l'IRT AESE, communes à tous les IRT : la mutualisation de chercheurs issus de laboratoires publics et privés, des programmes de recherches balisés au long terme et un investissement important sur d'onéreuses plates-formes technologiques. Les moyens qui seront engagés dans l'IRT sont en effet considérables : environ 290 M€ sur sept ans apportés à parts égales par les industriels du secteur aérospatial et par l'État. Prenant la forme d'une fondation de coopération scientifique présidée par Gilbert Casamatta (voir . page 4), l'institut associe dans sa gouvernance le Cnes, le CNRS, les Pres Universités de Bordeaux et de Toulouse, alors que le CEA n'a pas souhaité l'intégrer. Les industriels sont représentés quant à eux par Actia, Airbus, EADS, Liebherr, Safran, Thales, Zodiac. Les PME, initialement engagées dans le processus, ont fini par s'écarter du projet, mais elles y disposeront également d'un siège.
Des innovations technologiques accessibles aux PME
Justement, « les résultats des recherches menées par l'IRT pourront leur bénéficier autant qu'aux grands groupes », assure Ariel Sirat, nommé directeur général, précédemment à la direction d'EADS Innovation Works. Dans cette perspective, les PME régionales et même nationales devront s'inscrire dans le cadre des trois principaux domaines de recherche de l'institut : les matériaux multifonctionnels, l'aéronef tout électrique, et l'ingénierie des systèmes et des équipements. Concrètement, les entreprises pourront bénéficier de l'IRT suivant plusieurs approches. En premier lieu, elle pourront y faire appel en tant que prestataire de service. Par exemple pour développer de nouvelles propriétés d'un matériau composite de leur cru. Deuxième axe de prestation : l'accès aux plates-formes technologiques, pour mener des opérations de caractérisation, de maquettage ou de prototypage.
Transfert de compétences entre l'IRT et les entreprises
Enfin, l'IRT se positionnera aussi dans une perspective de transfert de compétences. Les PME pourront ainsi intégrer un projet de recherche à l'issue duquel elles bénéficieront du savoir-faire développé. Elles accéderont en outre à des licences d'exploitation des innovations mises au point, en fonction de leur apport au projet. « Autre démarche possible : si une entreprise a besoin d'approfondir sa connaissance dans un domaine particulier que nous investiguons nous-même, nous pourrons embaucher un thésard. Dans le cadre d'un contrat de partenariat, il travaillera à l'IRT pendant plusieurs mois ou années avant de se faire embaucher par l'entreprise. À l'inverse, celle-ci pourra aussi détacher un de ses ingénieurs chez nous et travailler sur un projet de recherche avant d'y revenir », précise Ariel Sirat. L'équipe de l'IRT, qui devrait comporter 200 personnes à moyen terme, s'installera dans des locaux provisoires, pour l'heure indéterminés. Le bâtiment final sera construit au sein du campus de Montaudran Aerospace, mais ne sera livré que dans trois ans. Il y jouxtera les locaux d'un laboratoire partenaire, l'Institut Clément Ader, ainsi que ceux du Critt mécanique et composites et du CEA Tech, bien que tous deux ne soient pas impliqués dans l'IRT. Deux autres centres de recherche technologique potentiellement concurrents...
Contact : gilbert.casamatta@ univ-toulouse.fr
R & D 290 M€ seront apportés sur sept ans à l'Institut de recherche technologique en aéronautique, espace et systèmes embarqués par les industriels du secteur et l'État.