Industrie : Une charte pour apaiser les tensions donneurs d'ordres/PME

Industrie : Une charte pour apaiser les tensions donneurs d'ordres/PME

Vingt et un chefs d'entreprise de la région ont signé, le mois dernier, une charte de bonne conduite vis-à-vis de leurs sous-traitants.

C'est devant la fine fleur des grands patrons régionaux que le préfet de Région a exposé, le 22septembre dernier, le cadre d'une nouvelle charte visant à désamorcer les tensions entre grands groupes et sous-traitants. «Les relations de confiance se sont détériorées ces dernières années, a pointé Jacques Gérault entouré des sept autres préfets de département. Il faut aujourd'hui faire évoluer la sous-traitance vers plus de cotraitance. Plus question de parler de maître ni d'esclave.» Élaborée conjointement par la Médiation du crédit et la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF), cette charte prévoit une série de dix engagements «très concrets», selon le préfet. Parmi eux, l'intégration de la politique environnementale doit permettre aux grands donneurs d'ordres «d'anticiper les enjeux du développement durable (...) afin de se préparer à une vraisemblable augmentation des obligations réglementaires.» Le préfet a également insisté sur «le rôle des donneurs d'ordres en vue de sensibiliser ses fournisseurs sur leurs responsabilités» en matière environnementale. Autres thèmes abordés par la charte: assurer l'équité financière vis-à-vis des fournisseurs, apprécier le coût total d'achat ou encore fixer une politique cohérente de rémunération des acheteurs.




Effet ?boule-de-neige?

Signée par 21 chefs d'entreprise de la région, la charte devrait rapidement permettre de «tourner la page vis-à-vis de certaines pratiques», a assuré l'un des dirigeants. Inspirée d'un modèle mis en place au niveau national, cette charte fait suite aux états généraux de l'industrie durant lesquels les sous-traitants avaient dénoncé leur trop forte dépendance à l'égard d'un client parfois unique. Exacerbée par la crise, cette situation avait conduit de nombreuses TPE à mettre la clé sous la porte. Le préfet a ainsi demandé aux industriels signataires - qui représentent un volume d'achat de l'ordre de 200Md€, soit un quart du volume réalisé par les grandes entreprises françaises -, de border leurs engagements auprès de leurs sous-traitants en les informant le plus en amont possible de l'évolution de leur carnet de commandes. Pour veiller à la bonne application de la charte, un médiateur par entreprise a été désigné. Les signataires ont prévu de se réunir deux fois par mois pour faire le point. De son côté, le préfet compte sur l'effet ?boule-de-neige?de cette initiative pour recruter d'autres entreprises de la région.