Dans sa dernière analyse de conjoncture de l'industrie en Rhône-Alpes, l'Insee montre que l'emploi y est stable à 418.500 salariés. «Il n'y a pas eu de très forte baisse en 2012. On constate une relative stabilité ces dernières années, confirme Pascal Oger, directeur de l'Insee Rhône-Alpes. Mais c'est une généralité. Il existe de fortes disparités d'un secteur industriel à l'autre.» La désindustrialisation de la région est toutefois une réalité. En 20 ans, elle a perdu 24,3% de ses emplois salariés, soit quelque 134.000 postes. Trois causes expliquent le phénomène selon l'Insee: l'externalisation, les gains de productivité et la concurrence internationale. «Les industries se concentrent aujourd'hui sur leur coeur de métier et externalisent des fonctions non stratégiques (entretien des locaux, gardiennage par exemple) ou très pointues (la comptabilité, le juridique), précise Antonio Sedeno, chargé de mission à l'Insee Rhône-Alpes. On estime à 25% le transfert d'emplois de l'industrie vers les services.» Concernant la productivité, l'Insee avance qu'entre1990 et2009, elle a augmenté de 2,9% en France par an. «Nous avons assisté à un changement de la structure socioprofessionnelle des industries avec davantage de postes d'encadrement.» Enfin, la délocalisation et l'international seraient responsables de 13 à 40% des emplois industriels détruits en Rhône-Alpes. «Les secteurs les plus concernés en Rhône-Alpes sont le textile, qui a vu la destruction d'environ 40.000 emplois en 20 ans, et la métallurgie, qui a perdu plus de 26.000 emplois», démontre Antonio Sedeno. Des mutations sont en train de s'opérer avec des spécificités territoriales fortes. La pharmacie, la chimie et le poids lourds constituent, avec une dimension historique forte, des pôles d'excellence sur le bassin lyonnais (photo : François Destoc / Le Télegramme). www.insee.fr
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