«On n'a jamais autant parlé d'industrie qu'en ce moment», s'enthousiasme Patrice Pennel, président du GFI. Et désormais il convient de parler d'«entreprises technologiques industrielles», comme le proclame l'UIMM pour séduire les jeunes. Baromètre d'une filière enclin à innover.
L'outil au ralenti
Le taux d'occupation de l'outil industriel français est actuellement de 71%, seuil à partir duquel on peut parler de début de reprise selon Jean-Claude Stievenard, président régional de l'UIMM. La machine tourne encore plus au ralenti dans la région où ce taux descend à 66% dans le bassin de Douai-Lens-Arras-Béthune. Quand les affaires vont bien, il s'établit autour de 84% et la région a même connu un pic à 87%. La chimie semble épargnée, à 75 voire 80% de sa capacité. Seule exception: une entreprise qui produit des électrodes en graphite a accusé une chute de 70% de sa production.
Activité et perspectives
Selon une enquête d'opinion menée sur le 3etrimestre 2009 auprès d'un millier de dirigeants des bassins de Valenciennes-Maubeuge et Calais, 14% des chefs d'entreprise interrogés estiment leur activité en hausse, 50% la jugent en baisse et 36% stable. Quant aux perspectives à 3 mois, 12,5% s'attendent à une hausse, 43,5% à une baisse et 44% à une stabilité. Le climat social est jugé bon par 70% et délicat par 30%.
Nouveau fonds de développement
Le 1ersemestre 2010 doit voir éclore un nouveau fonds de développement pour venir en aide aux entreprises. En projet dans la région mais aussi à Lyon, en Bretagne et à Toulouse, il sera porté créé avec un organisme financier partenaire.
Secteur par secteur
Tous les acteurs de l'industrie s'accordent sur un manque de visibilité criant pour 2010. Les investissements sont en baisse de 10 à 15%, dans la métallurgie. L'an dernier, la formation a compensé massivement les baisses d'activité et les outils ont été réaménagés pour gagner en productivité. Dans le textile, 10% seulement des patrons estiment tirer leur épingle du jeu. Les autres connaissent un recul médiant de 20 à 25%. Côté emploi, la filière a perdu 10% de ses effectifs en 2009, soit 18.000emplois. Dans l'automobile, Toyota est revenu à une cadence de 1.000 véhicules/j après être tombé à 800. Renault Douai est remonté à 1.200 contre 1.000, mais l'usine a une capacité du double. «L'activité a bien remonté dans les trois sites de mécanique régionaux grâce à des motorisations qui correspondent aux besoins du marché», note Philippe Julie, de l'Aria. Après s'être séparé de quelque 6.000 intérimaires, l'automobile en a réembauché 1.000 à 1.500 depuis juin. La chimie, elle, n'a connu aucun plan social en 2009.
Le Nord - Pas-de-Calais, 4erégion industrielle de France avec 7% des effectifs nationaux, a contribué le mois dernier aux états généraux de l'industrie.