10.000 emplois salariés supprimés dans la transaction immobilière, 3.000 agences fermées en 2012 (soit 10 % des agences)... Le bilan national dressé début 2013 par Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), présente le lourd tribut payé à la crise par les agents immobiliers. En région Haute-Normandie, les chiffres sont proches du national avec 7 % de fermetures sur les 140 cabinets professionnels recensés, sachant qu'un cabinet compte entre 3 à 4 salariés. Pour Brieuc Legay, président Normandie de la Fnaim, ce sont les cabinets les plus fragiles et les plus récents qui ont le plus souffert : « La crise plus le frein de 2010 et la dernière accélération de la crise en 2012 ont précipité la chute des entreprises de moins de dix ans et essentiellement axées sur la vente ». Si les agents immobiliers ont été très impactés, avec une baisse d'activité en 2012 de 20 % et un véritable frein au dernier trimestre, il est à noter qu'il n'y a pas de fermeture à déplorer en gestion de biens. « Il faut faire la distinction entre les agents immobiliers et les administrateurs de biens, moins sensibles aux fluctuations ».
Concurrence
En premier lieu, la concurrence du particulier à particulier a progressé mais : « Moins flagrante en période de crise, le particulier revenant vers l'expertise », selon Brieuc Legay. Un particulier qui dispose de nouveaux outils pour concurrencer les professionnels, notamment avec Internet et un site comme Leboncoin.fr ou encore Facebook, Tweeter et même des réseaux d'habitants dans certains quartiers des centres-villes : « Comme Rouen Gare », précise l'agent immobilier. Autre phénomène, les propriétaires qui n'ont pas un besoin immédiat de vendre attendent de voir les prix remonter. Des prix sérieusement bousculés ces derniers mois, après avoir connu une embellie historique ces dix dernières années qui avait justement permis l'ouverture de nombreuses agences. La faute au manque d'acheteurs pour lesquels les conditions d'achat sont à présent nettement moins favorables : arrêt du prêt à taux zéro, un vrai frein pour les primo-accédants, financement plus difficile auprès des banques, frilosité des acquéreurs face à la crise et prix encore élevés des biens. « Je pense qu'il y aura peut-être une légère baisse des prix en 2013 mais pas importante car l'argent reste à un taux exceptionnellement bas, donc ça soutient le marché. Notre problématique est de faire comprendre aux vendeurs que le marché est éventuellement plus bas que les prix demandés. Aujourd'hui, il n'y a pas de dynamique de marché », explique le président de la Fnaim Normandie.
Bonne santé de la franchise
À côté des difficultés des petites agences, les réseaux de franchises semblent plutôt bien se porter en Haute-Normandie. Ainsi, le réseau Guy Hoquet renforce sa présence dans l'Eure avec l'ouverture d'une succursale à Pacy-sur-Eure. Celle-ci vient compléter un réseau déjà constitué de trois agences dans l'Eure (Evreux, Gaillon, Vernon). « Une zone limitrophe de la région parisienne stratégique pour nous », explique le dirigeant Christophe Ansaldo, pour lequel le rétrécissement du marché à la vente est : « essentiellement psychologique. Car, les taux bancaires sont extrêmement bas, c'est le moment d'acheter. Le problème, c'est que des lois vont changer mais tout cela reste flou, du coup les investisseurs attendent et les gens qui font des achats de confort remettent à plus tard ». Autre enseigne en mouvement, Maxihome, réseau immobilier national multi-activités (immobilier et services liés à la gestion de patrimoine) composé d'agents mandataires. Vingt nouveaux agents ont renforcé le réseau fin 2012, dont l'un à Elbeuf. Le réseau vise les 400 agents à l'horizon 2014.
Sébastien Colle
Agences immobilières. La crise n'épargne personne et les agents immobiliers ne font pas exception. En Haute-Normandie, 2012 a vu la fermeture de 7 % des 140 cabinets professionnels recensés. Pourtant, certains réseaux continuent à se développer.