Ils l'ont dit : Le transport vu par trois chargeurs
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Ils l'ont dit : Le transport vu par trois chargeurs

Lors de la journée professionnelle régionale de l'Union TLF, les sociétés Roquette, Umicore et SRS ont partagé leur point de vue sur la profession et son avenir. Appels d'offres, prix, innovation, éco-taxe,etc. Morceaux choisis.

Trois «poids lourds» du transport et de la logistique régionale ont partagé leur vision de la filière, le 22novembre à Marcq-en-Baroeul, lors de la journée professionnelle de l'Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF).




Trois invités, trois voix

François Soulet de Brugière, président délégué de l'Union des ports français et vice-président de Dunkerque Port est aussi DG de la Société de recherche de synergies (SRS) qui gère tous les achats indirects des enseignes de la galaxie Mulliez: 23actionnaires pour un CA de 70milliards d'euros. Stéphane Andriolo est responsable logistique commerciale Europe du groupe Roquette, leader mondial de l'amidon. Il a 26ans d'entreprise. Thomas Latapie est directeur supply chain du groupe belge Umicore, spécialiste des métaux non ferreux, qui dispose de trois usines en France dont le site d'Auby, près de Douai: 100.000T de zinc transformées chaque année en France dont la moitié dans le Nord - Pas-de-Calais.




Leurs relations avec leurs prestataires en transport -Stéphane Andriolo: «Nous avons des relations très proches, avec une vision de cluster pour bâtir ensemble des projets industriels. Nous travaillons par ligne et non pas par appel d'offres global, en essayant toujours d'intégrer les chaînes. Notre stratégie est d'avoir des commodités compétitives. Nous voulons tout maîtriser et avoir la main sur tout. Nous mesurons tout avec des indices de performance.Notre but: réussir ensemble! Nous ne pouvons pas garantir de volumes mais des lignes oui! Nous essayons au maximum de protéger nos prestataires. Nous ne pouvons pas demander à un prestataire d'investir sans lui donner à manger. J'ai besoin d'opérateurs régionaux proches de l'entreprise. Nous avons besoin du transporteur français.» -Thomas Latapie: «Notre logique est de se soutenir mutuellement. Nous cherchons plutôt des sociétés à taille humaine. Nous garantissons des volumes annuels et travaillons avec le partenaire qui apporte une valeur ajoutée, dans la durée.» -François Soulet de Brugière: «Nous misons sur le "faire ensemble". Toute initiative est la bienvenue et tout le monde a sa chance. Nous n'aimons pas voir au travers d'un autre. Celui qui détient l'information détient le pouvoir. Je me bats d'ailleurs pour l'ouverture de l'information portuaire aux chargeurs.»

À propos de prix -Stéphane Andriolo: «Notre premier critère, c'est la conformité à notre cahier des charges. Nous sélectionnons sur des critères de qualité, mais nous sommes tatillons sur le prix. On parle d'abord de fiabilité, reporting et qualité. Après on parle argent. Chez nous, le premier accord est oral, un engagement d'homme à homme.» -Thomas Latapie: «Nous sommes très vigilants sur le prix, mais nous regardons de plus en plus des critères supplémentaires comme le respect de l'environnement, du droit du travail, la RSE... Nous voulons promouvoir cette démarche auprès de nos partenaires et qu'eux-mêmes le fassent avec leur environnement.» - François Soulet de Brugière: «Le prix n'est jamais le premier critère, mais la résultante d'autres critères comme la fiabilité de l'information. Ce n'est jamais le moins cher qui gagne, ni le plus rapide!»

Et d'innovation... -Stéphane Andriolo: «Roquette est driver sur le marché, par exemple sur la citerne alimentaire. Transporter, c'est une nécessité; transporter intelligemment, un devoir!» -François Soulet de Brugière: «Nous demandons à nos partenaires d'être proactifs. Toute initiative est la bienvenue pour ne pas offrir qu'un camion et un chauffeur.» -Thomas Latapie: «Nous avons une longueur d'avance en terme de sécurité avec des tapis antiglisse, par exemple.»

La future éco-taxe? -Stéphane Andriolo: «Le transporteur ne sera pas qu'un collecteur. La taxe doit faire partie du contrat. ça se négociera. Si elle sert à développer les infrastructures, tant mieux. Notre usine de Lestrem a capacité à doubler si les infrastructures suivent. En 1930, nous étions tri-modaux...» -Thomas Latapie: «C'est un poste de coût supplémentaire. Nous allons demander l'optimisation et aux transporteurs d'être vigilants.»

Union TLF Nord-Picardie


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