Il s'appelle déjà Haapie One dans la tête de ses deux concepteurs. Ce nouveau robot social, en cours d'élaboration, est attendu pour Noël 2015... Son prix : inférieur à 500 euros, voire 400 euros. Haapie, c'est aussi le nom de la société de Carolyn Hogg et Frédéric Soufflet, 44 et 48 ans, établis à Châteaugiron, dans la banlieue rennaise, et nouveaux membres de la technopôle Rennes Atalante. Ce couple franco-anglais travaille à ce projet depuis l'automne 2013.
« Divertissant et utile »
« Notre but est de faire un objet communicant accessible au grand public, qui soit divertissant et utile », explique le duo en veille sur tout ce qui touche au dialogue et à l'intelligence artificielle ou comment développer une interface homme-machine aboutie. « Nous développons nous-mêmes nos technologies 100 % françaises. » Elle a une solide expérience en marketing ; lui 25 ans d'expertise en reconnaissance vocale. Il a notamment travaillé pour TVN, le CEA, le programme Ariane et a cofondé Telisma à Lannion (jusqu'à 4,7 M€ de CA), rachetée en 2008 par le groupe indien One Mobile. Dans le Morbihan, il avait déjà tenté de créer il y a quelques années un robot pour personnes âgées. Un « échec total », selon ses termes. Aujourd'hui, les technologies ont changé.
Un compagnon de vie
Leur futur bonheur Haapie commence à prendre forme. Les premiers prototypes et moules arrivent. Ce sera un petit robot rond personnalisable avec oreilles, bouche, nez comme le fameux jeu M. Patate. Mais surtout, il sera interactif et sociable, enclin à toute discussion. Soit une version plus aboutie que le lapin Nabaztag qui s'est éteint au début de l'année. « Les personnes âgées ou handicapées aimeraient avoir un objet pour les divertir, jouer sans être tributaire de la télévision, alerter efficacement leur entourage d'une anomalie, ou simplement double-cliquer à leur place, etc. » Haapie devrait pouvoir répondre à des questions, enrichir ses propres connaissances encyclopédiques et finalement rendre service à toute la famille qui s'affranchirait ainsi de tout clavier et même écran d'ordinateur, même si ce robot sera pourvu d'un petit écran de la taille d'un portable. Fini alors la pub sur internet ? Elle serait intuitive via ce robot qui orienterait son interlocuteur en fonction de ses affinités. « Ce sera une superbe interface aussi pour l'apprentissage. »
Une version professionnelle
À la version domestique, se grefferait une version professionnelle. Ce robot collaboratif pourrait par exemple aider à prendre des décisions stratégiques. Métiers juridiques, médicaux... « chacun devra avoir son aide », prédit même le couple qui prévoit quelques révolutions à venir et compte bien y prendre part... Présélectionné pour les demi-finales d'InnoRobot, il veut pérenniser une entreprise high-tech 100 % bretonne, partenaire du Japonais Passworld pour le hardware, avec une carte Bluetooth low énergie. « Nous n'étions pas partis pour un objet aussi ambitieux, mais il n'y a pas d'autre société qui peut mettre sur la table autant d'interfaces dans un même objet », revendique-t-il tout en souhaitant rester humble et prudent, en misa
nt aussi sur la longueur d'avance rennaise en matière de mathématiques au plan mondial. Ouvert à la vente en marque blanche, le duo de Châteaugiron ambitionne un premier CA modeste de 270.000 € qui correspond à la vente de 440 de ses robots. Haapie a décroché un premier contrat au Canada. Un projet américain similaire, nommé Jibo, a réussi à lever 25 millions de dollars et prévendre 4.400 modèles en deux mois sans rien montrer qu'une vidéo alléchante, via une campagne de crowdfunding lancée en juillet 2014 pour une livraison également prévue à Noël prochain. Les Bretons veulent surfer sur cette même vague. « Il y a une nouvelle mouvance... »
À Châteaugiron (35), un couple est en train d'inventer un nouveau robot domestique pour le commercialiser à Noël. Un projet mondial très ambitieux.