La société Charpentes Françaises vole de ses propres ailes depuis un an et sa reprise au géant anglais du bois Wolseley, par son management. Cette ex-entité du groupe Pinault (Bois & Matériaux) a pesé jusqu'à 75 millions d'euros de chiffre d'affaires. En 2015, son business en perte de vitesse est « tombé » à 45 millions d'euros. « L'entreprise perdait de l'argent, sur un marché de la construction facile jusqu'en 2007-2008 mais en baisse de - 40 % depuis 2012 ! », raconte Yves Baslé, qui en est le directeur général depuis le début de l'année 2014.
Après le diagnostic, l'action
C'est lui qui a piloté l'opération de reprise effective depuis le 30 avril 2015, lui qui est allé trouver un fonds anglais (Endless), largement majoritaire à 75 % pour réaliser un tour de table avec une équipe interne de managers. « Le diagnostic de l'entreprise a été fait assez vite, en trois mois, explique-t-il. Nous avons ensuite mis six mois pour réaliser le PSE quand il aurait fallu un mois en Allemagne... » Il en a coûté également 160.000 euros d'expertise pour le CE et et les CHSCT.
De 340 à 275 salariés et trois sites fermés
Ce plan s'est traduit par un effectif volontairement réduit de 340 (avril 2015) à 275 salariés dont 40 en bureau d'études, mais aussi par la fermeture de trois sites industriels (Le Mans, Montpellier et un dernier entre Pau et Tarbes). Il en reste onze à ce numéro un français de la structure bois : charpentes industrielles et traditionnelles sur mesure via sa marque France Colombage, mais aussi ossatures et éléments extérieurs (carports, abris) vendus via un réseau de concessionnaires. L'entreprise vend essentiellement en France. Sa part d'export, marginale, représente à peine 5 % de son business : une petite activité lancée avec l'Angleterre que le Brexit risque de perturber. Son activité auprès de 2.500 clients actifs est portée à 20 % par l'ossature bois et 80 % par la charpente bois selon un ratio de 80/20 entre maisons individuelles et petits immeubles collectifs (marché en croissance).
Réadapter l'entreprise avec de nouvelles méthodes
« Aucune synergie et mesure d'adaptation n'avaient été prises, selon le repreneur qui parle d'entités très indépendantes auparavant. Nous allons ramener l'entreprise, avant la fin de l'année, à l'équilibre à 45 millions d'euros. Il s'agit d'une toute nouvelle entreprise, avec un patron industriel, un directeur commercial, un directeur des achats, un service marketing », ajoute Yves Baslé dont l'objectif est la rentabilité pour 2017. Prudent à plus long terme, il s'en remet à son « marché qui a fini de tomber », selon lui. Sa stratégie : réadapter l'entreprise et ses coûts de structure, avec des économies d'échelle notamment sur les stocks. « En six mois, notre stock de matières premières a été réduit de 30 % à moins d'un million d'euros. Nous avons mis en place beaucoup d'outils, de nouvelles méthodes comptables, des règles de gestion, beaucoup de pédagogie et de communication. Il faut expliquer, expliquer, expliquer ! Nous avons aussi écrit le plan de formation le plus ambitieux que l'entreprise ait connu, à plus de 200 K€. Il fallait aller vite et mettre les moyens », analyse-t-il aujourd'hui.
Nouveaux produits et maillage territorial étendu
Cette réadaptation passe aussi par de nouveaux produits et un maillage géographique revu. « Nous avons lancé cette année une gamme contemporaine selon le concept du home garden (extensions et dépendances), sous la nouvelle marque W&S (Wood & Shelter), qui connaît un démarrage fort depuis cinq mois, se félicite Yves Baslé. Nous étendons aussi à l'échelle nationale notre réseau de concessions qui était jusqu'ici très centré en région parisienne et Normandie, et finalement très peu sur la Bretagne. Nous recherchons des concessionnaires déjà installés sur les business de l'aménagement de jardins et des entreprises générales de bâtiment. » L'agence nantaise, ouverte il y a deux ans, couvre déjà la Bretagne sud. Mais le maillage n'est « pas satisfaisant » au goût d'Yves Baslé et de ses actionnaires. La question se pose d'un nouveau déploiement breton. De même, il réfléchit à son organisation en région toulousaine et dans le quart nord-est.
Où en est le fabricant de charpentes basé à Pacé, un an après la reprise par son management au groupe anglais Wolseley, qui l'avait lui-même repris à PPR (Pinault) ? Le point avec Yves Baslé, son directeur général repreneur, soutenu par le fonds britannique Endless.