« La différence s'est faite sur l'emploi », analyse un observateur proche du dossier de reprise du fabricant rennais de corseterie et maillots de bain Eveden Huit, placé en redressement judiciaire en avril 2016. Adopté par le tribunal de commerce de Rennes le 8 juillet, le plan du repreneur Trendy Capital, basé à Millau dans l'Aveyron (12) et qui porte la marque de lingerie fine Canat (62 salariés, CA 2015 : 6,4 millions d'euros pour 419.000? de résultat net), prévoit de maintenir 23 salariés à Rennes, deux stylistes à Paris et 13 démonstratrices en magasins (sans compter les CDD pour la période estivale), soit un total de 38 emplois. Ils étaient auparavant 63 sur Rennes et 8 à Paris...
L'heure des comptes Le projet de reprise alternatif*, mené par Jean-René Ferrec, directeur du site depuis un an et demi (mais 25 ans de maison) et qui reste en place, prévoyait quant à lui le maintien de 29 emplois en totalité, pour un chiffre d'affaires ramené autour des trois millions d'euros. Trendy Capital a annoncé au tribunal maintenir le chiffre d'affaires actuel de 5,5 millions d'euros. Il devra faire ses preuves pour stopper les pertes de trois millions d'euros depuis 2010. Sur un marché de la lingerie jugé difficile, en baisse chronique de 2 à 3 % chaque année, le repreneur espère équilibrer les comptes en 2017 pour atteindre la rentabilité à l'exercice suivant. À ses belles heures, Huit était monté à plus de 200 salariés et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, l'activité s'équilibre à 50/50 entre la production de lingerie et de maillots de bain.
Un déménagement en vue
Le projet de reprise acté prévoit également, à la demande du tribunal, de déménager sous les trois mois l'atelier de production rennais, actuellement surdimensionné et onéreux sur 8.000 m². Le site rennais devrait être ramené à 600 m², toujours dans la métropole rennaise et pourquoi pas sur la même zone industrielle au sud-est de Rennes. Des pourparlers sont lancés.
Un point noir
C'est notamment ce point noir immobilier qui a entraîné la chute de l'entreprise, ainsi que ses stocks de produits finis, désormais transférés et gérés à Millau. Un premier redressement judiciaire, en 2010, lui a fait perdre également des clients importants et son rang qu'elle n'a jamais retrouvé depuis, et ce malgré son rachat en 2012 par le groupe japonais Wacoal. Le futur redimensionnement de toute la gestion et la structure même de la société, désormais appelée Huit France, doit maintenant lui permettre de perdurer.
(*) Le projet d'un troisième repreneur, dont le père avait été propriétaire de l'entreprise Huit fondée en 1968, n'a pas été jugé crédible. Il comptait reprendre tout le personnel mais sans le financement associé.
Textile En décrochant la reprise du fabricant de lingerie et maillots de bain, Trendy Capital à Millau (marque Canat) a balayé un projet de reprise interne. Explications.