Sécurité, accessibilité, nouveau classement hôtelier. Trois challenges que les hôteliers sarthois doivent relever à court terme. Avant le mois d'août, les hôtels accueillant moins de 100 personnes devront en effet se plier à de nouvelles normes en terme de sécurité incendie. En 2015, viendra s'ajouter l'obligation d'accessibilité à toute personne souffrant d'un handicap. Autant dire que pour les 90 hôtels classés tourisme en Sarthe, et qui totalisent 770.000 nuitées en 2009, l'addition s'annonce salée. «Une chambre adaptée aux handicaps représente un coût de 50k€ et la réglementation en impose une pour 20 chambres. Un investissement difficile pour les petits hôtels, d'autant que ces chambres ont un faible taux d'occupation», analyse Jacques Blanchet, propriétaire de l'hôtel Arbor à Mulsanne et président de la Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie (CPIH) de la Sarthe. Des établissements indépendants sur lesquels ces échéances vont peser lourd. On estime à une vingtaine le nombre d'hôtels à mettre aux normes incendie dans le département. Des dérogations pourront néanmoins être accordées aux hôtels de moins de 15 chambres ou ayant des travaux trop élevés par rapport à leur chiffre d'affaires.
2012, année de la montée en gamme?
Du côté de Sarthe Développement, on se montre plus optimiste. «Ces investissements de mise aux normes permettent aux hôteliers de se positionner face au nouveau classement de 2012», relève Benoît Lequement, coordinateur du pôle développement, aménagement et perspective. En théorie, l'investissement devrait donc permettre à l'établissement de monter en gamme. En théorie. Car là encore Jacques Blanchet ne mâche pas ses mots. «Je ne suis pas convaincu que les hôteliers investissent pour monter en gamme. Leur budget ira prioritairement sur les nouvelles normes obligatoires». Cette réforme du classement hôtelier, si elle volontaire, est commercialement stratégique. Elle répond en effet à la volonté d'améliorer la lisibilité et la qualité de l'hôtellerie française sur des normes de d'équipements, de services client et d'accessibilité. «De même, les contraintes de la nouvelle grille d'évaluation risquent de rétrograder certains établissements», pense l'hôtelier. Ce nouveau système, qui comprend plus de 240 points à diagnostiquer, est vérifié ensuite par un cabinet de contrôle. L'arrêté de classement, valable cinq ans, étant ensuite délivré par la Préfecture. Sur le terrain, les professionnels estiment que le positionnement s'avère délicat. D'un côté, l'obligation légale d'investir, de l'autre le choix d'une montée en gamme. Les indépendants notamment attendent donc de voir le positionnement adopté par les chaînes hôtelières pour s'aligner.
Miser sur le tourisme d'affaires
Le tourisme en Sarthe représente un flux de 1,3 Mds€ annuels, dont 970M€ de CA direct
, en grande partie généré par la clientèle business. «Nous sommes le premier département des Pays de la Loire pour le tourisme d'affaires, précise Benoît Lequement. Tout l'enjeu consiste à positionner l'offre locale au-dessus des autres départements». En effet, l'harmonisation du classement de 2012 devrait répondre aux exigences d'une clientèle business. Certains professionnels ont donc saisi la balle au bond, c'est le cas du Pressoir Hôtel de Saint-Calais. Une création d'établissement qui a permis d'anticiper la réglementation de 2012, et de poser la nouvelle plaque rouge à trois étoiles sur la façade. Indéniablement, l'offre sarthoise monte en gamme avec 18 établissements trois étoiles et trois affichant une quatrième. Mais si le gâteau de l'offre hôtelière gonfle, reste à savoir si la clientèle suivra. Car une baisse du taux d'occupation mettrait encore davantage les indépendants en difficulté. Néanmoins 2011 devrait être une année bénéfique pour l'hôtellerie locale selon Sarthe développement. «Les grands rendez-vous de l'ACO, le Tour de France et le MMArena devraient amener un regain de clientèle, notamment en affaires». Une bouffée d'oxygène en vue après le recul constaté en2009 et2010?
L'hôtellerie va devoir se plier à de nouvelles normes de sécurité et d'accessibilité, ainsi qu'à un nouveau classement. Se pose alors la question des investissements pour une profession mise à mal par la crise.