Hôteller ie : Le coup de gueule des professionnels nantais
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Hôteller
ie : Le coup de gueule des professionnels nantais

Tourisme Les hôteliers s'inquiètent de la surcapacité du parc nantais et souhaitent que les collectivités et le Voyage à Nantes les considèrent comme de vrais partenaires.

Les professionnels nantais de l'hôtellerie ne tapent pas encore du poing sur la table, mais ils comptent désormais peser auprès des élus qui veulent faire de Nantes une destination touristique européenne. Les hôteliers montent ici au créneau car leurs perspectives économiques paraissent plus qu'incertaines, alors même que nombre d'entre-eux ont investi massivement dans leurs outils ces dernières années. «De 2005 à 2012, l'offre du parc hôtelier nantais a progressé de 47% avec 29 nouveaux établissements. Sur cette période, on est passé de 5.470 à 8.100 chambres. Et les nouveaux 4 étoiles vont s'ajouter à cette sur-offre Dans le même temps, la fréquentation hôtelière n'a progressé que de 25%», explique Gilles Cibert, président du Club hôtelier de Nantes qui regroupe 70% des acteurs du secteur (hôtels indépendants, chaînes, résidence hôtelière).




Parc hôtelier surdimensionné

Le surdimensionnement du parc hôtelier, dû notamment à la prolifération des résidences hôtelières, rejaillit sur la performance économique des hôtels. Nantes est par exemple en 17e position sur les 19 premières villes françaises au niveau du chiffre d'affaires par chambre pour les hôtels 3 étoiles! Face à ce constat, le Club formule huit propositions à Nantes Métropole. La plus emblématique vise à faire une pause dans l'attribution des permis de construire de nouveaux établissements hôteliers. Les professionnels souhaitent également davantage de dessertes en transport en commun pour les lieux de salons, un meilleur accès pour les hôtels situés en secteurs piétons, etc. Mais surtout, ils entendent désormais être pleinement associés à la mise en oeuvre de la politique touristique à Nantes. La plate-forme de réservations rattachée à l'office de tourisme constitue ainsi un premier point d'achoppement avec les collectivités. «C'est un circuit internet qui nous a globalement été imposé et qui nous échappe. Pour ces réservations, on doit reverser une commission de 8 à 10%, alors que ce n'est pas un outil qui a vocation à gagner de l'argent par ce biais», estime Olivier Darde, de l'hôtel Mercure Gare Sud. Sur ce point, les hôteliers nantais planchent d'ailleurs sur la réalisation de leur propre centrale locale de réservations en ligne, «une sorte d'Amap face aux grands canaux de distributionen ligne», selon Gilles Cibert.




Force de proposition

De «gentils» interlocuteurs collecteurs de la taxe de séjour, les hôteliers souhaitent être considérés comme de véritables partenaires par les collectivités. «Ce que fait le Voyage à Nantes, c'est bien, mais on a peur que ce ne soit pas suffisant. Avec l'arrivée de nouvelles offres hôtelières, pour maintenir notre taux d'occupation, il faudrait louer 110.000 chambres de plus qu'en 2011. La hausse de la fréquentation touristique espérée par le Voyage à Nantes ne permettra pas d'atteindre ce niveau. Nantes mise beaucoup sur le tourisme culturel pour attirer une clientèle de CSP+, mais c'est une niche qu'il faut peut-être élargir à un tourisme plus populaire. On a des événements géniaux mais qui restent trop souvent nanto-nantais. Cela ne permet pas à Nantes d'être reconnue comme une véritable ville touristique. Nous ne sommes pas là pour râler mais on veut être force de propositions», souligne Gilles Cibert qui rappelle que le secteur pèse 2.500 emplois et 150 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le Voyage à Nantes dirigé par Jean Blaise a été créé pour donner une nouvelle impulsion

à l'agglomération nantaise en matière de tourisme.


www.clubhotelier-nantes.fr

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