La transformation en Scop du groupe Hisa Ingénierie, 135 salariés et 9,3millions d'euros de CA en 2011, a constitué un grand moment pour l'Économie Sociale et Solidaire en Haute-Normandie où ce secteur pèse 10% du PIB régional. Réunis le 30novembre dernier à Rouen en assemblée générale, les salariés du groupe ont en effet adopté la transformation de leur entreprise en Société coopérative et participative (Scop) et désigné les membres de son conseil d'administration qui ont élu Nadine Bienvenu présidente et Pierre-Jean Stéphane directeur général. «Une journée hors du commun», dira Nadine Bienvenu. D'abord, parce qu'elle marque la naissance officielle d'une entité peaufinée depuis le printemps 2012 et visant à assurer la transmission de l'entreprise créée en 1987 par Yves Maugard. Ensuite, parce que Benoît Hamon, le ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et des Finances, chargé de l'Économie Sociale et Solidaire et de la Consommation, est venu à Rouen saluer les premières heures de vie de cette Scop et lui souhaiter bon vent. «Exceptionnelle et exemplaire», a-t-on entendu dire à propos de la gestation de la Scop havraise qui, contrairement à d'autres, «n'a pas été enfantée dans la douleur».
Les salariés cassent leur tirelire!
En attendant, ils ont été 115 (sur un effectif global de 139) à casser leur tirelire pour devenir sociétaires d'Hisa Ingénierie. Un statut qui leur permet d'élire leurs dirigeants et de se partager les résultats distribuables de l'entreprise au prorata de leur apport financier. Leur mise globale qui s'est élevée à 235.000euros a été abondée à hauteur de 199.825euros par la Région Haute-Normandie. «L'importance de l'opération a conduit la collectivité locale à déplafonner son dispositif Région Coopérative qui accorde une subvention d'un euro pour chaque euro investi par un sociétaire coopératif», indique Claude Taleb, le vice-président en charge de l'Économie Sociale et Solidaire. Créé il y a un quart de siècle, Hisa Ingénierie regroupe quatre bureaux d'études implantés auHavre (SEI), à Lillebonne (Work Up) et à Rouen (MD Structures et Geisa). L'ensemble, devenu un fleuron régional dans sa spécialité, offre des prestations de services à l'industrie et développe son savoir faire dans l'installation générale, la mécanique, la tuyauterie, la charpente, l'informatique industrielle, l'automatisme, l'électricité. Le groupe effectue annuellement 220.000heures d'études, ce qui représente plus de 350 projets ou missions, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 10millions d'euros. Ses principaux clients appartiennent au gotha des grandes entreprises présentes en Haute-Normandie dans la pétrochimie (Lubrizol, Chevron, Total, Exxon), la pharmacie (Sanofi, Oril), la papeterie (UPM), le nucléaire (EDF), l'automobile (Renault), l'agro-alimentaires (Nestlé). En optant pour le statut coopératif, Hisa Ingénierie est entré dans le club haut-normand qui selon l'antenne de l'Union régionale des Scop récemment ouverte à Rouen compte une quarantaine d'entreprises employant 500 personnes. Parmi celles-ci, on trouve notamment la Coopérative de lamanage des ports de Rouen et de Dieppe, le Théâtre des deux rives à Rouen, Naturaulin (entretien d'espaces verts) à Notre-Dame de Gravenchon, ou encore le chantier naval du Cap Fagnet et Metaclim à Dieppe
.
Robart Querret
l'enjeu. L'entreprise créée en 1987 par Yves Maugard a été cédée à ses salariés réunis en Scop.
Les 115 repreneurs ont investi globalement 235.000euros tandis que la Région abondait à hauteur de 200.000euros.