Groupe Partouche : Panique sur les casinos
# Services

Groupe Partouche : Panique sur les casinos

Le 5mars, le groupe Partouche inaugurait à Charbonnières-les-Bains le nouveau cadre du restaurant dirigé par le chef aux deux étoiles Philippe Gauvreau. L'occasion de revenir avec Patrick Partouche sur une année 2008 difficile.

«Je ne suis pas sûr que les casinos survivent, seuls.» En pleine tourmente, Patrick Partouche, président du directoire du groupe éponyme, faisait écho, le 5mars, à l'annonce des résultats 2008 de l'entreprise familiale. Plombé par une conjoncture difficile, le chiffre d'affaires du groupe a reculé de près de 6% par rapport à 2007 pour atteindre 481,7M€. «Avec internet, le comportement des joueurs a totalement changé, a-t-il expliqué. Nous accusons une baisse de 15 à 20% sur l'ensemble des machines à sous.» À cela s'ajoutent la crise, mais aussi «l'interdiction de fumer dans les établissements et le contrôle généralisé à l'entrée des casinos, obligatoire depuis 2006», a regretté le patron du groupe. «On ne peut pas nous imposer des contraintes que les autres n'ont pas. Avec l'arrivée des jeux sur internet, nous ne sommes plus dans une situation de monopole. Les règles du jeu doivent changer.» Fin novembre, les représentants des trois organisations patronales des casinos ont appelé le gouvernement à l'aide. Ils ont notamment demandé des réductions de taxes et un assouplissement des règles qui encadrent leur métier. «Nous comptons beaucoup sur la baisse des prélèvements effectués par Bercy. Ils atteignent aujourd'hui 58% des produits bruts des jeux», s'insurge Patrick Partouche. Pour faire face à la dispersion de ses joueurs, le groupe - qui exploite 54 casinos dont sept à l'étranger et emploie près de 5.000 collaborateurs - misait également sur Partouche Interactive pour relancer sa croissance. Pourtant, ce pôle qui développe, exploite et commercialise une offre de jeux d'argent pour le web, la télévision mais aussi le mobile, a vu sa perte opérationnelle courante quasiment multipliée par quatre cette année, pour avoisiner les 10M€.




Réduire ses coûts opérationnels

Affaibli, le groupe Partouche n'a donc plus d'autres choix que de réduire ses coûts opérationnels en vendant une partie de ses actifs et en contractant ses investissements. «Nous allons d'abord économiser sur les charges opérationnelles comme le sponsoring», a expliqué Patrick Partouche. Pour l'heure, l'investissement de près de 1,5 M€ réalisé au Pavillon de la Rotonde pour accueillir le restaurant de Philippe Gauvreau devrait permettre de renforcer l'offre du groupe en matière d'hôtellerie et de restauration de luxe. L'ancien emplacement du restaurant situé de l'autre côté du casino, devrait pour sa part servir à l'organisation de séminaires et de réceptions. Enfin, pour tenter de sortir de la crise, le président a rappelé qu'il ne renouvellerait pas certains départs à la retraite. À Port-Barcarès (Pyrénées Orientales) déjà, le casino Partouche n'ouvrira plus à l'année, mais simplement l'été. Et celui de Divonne-les-Bains, dans l'Ain, pourrait bien faire de même si la mairie, invitée à baisser ses prélèvements, ne consent pas à le faire...

# Services