Roland Beaumanoir prépare l'avenir avec sa devise de toujours : « Le commerce indépendant va résister au grand succursalisme. » Pour son groupe, cela se traduit par le renforcement de ses six marques phares : Cache-Cache, Morgan, Scottage, Bréal, Bonobo Jeans, La City. Le patron malouin n'exclut pas d'en ajouter d'autres, « par rachats ou partenariats » comme avec le chanteur M Pokora, égérie de sa jeune marque Oôra.
Concept stores en vogue
Créer de grands magasins fait aussi partie des projets de la maison, au rythme d'une vingtaine d'ouvertures par an dans le monde entier. De nouveaux concept stores, comme ceux de Dinan ou du centre commercial Alma à Rennes, sont des tests grandeur réelle de ce que sera sans doute son commerce demain : combiner dans un même magasin de quelque 1.500 m² ses marques, dans un environnement digitalisé par sa filiale Korben.
Flormar « en test » avec Yves Rocher
À ce concept, Beaumanoir ajoute des corners complémentaires jouant l'ouverture à d'autres partenaires. C'est le cas, par exemple, dans la cosmétique avec un autre groupe breton, Yves Rocher, sous la marque Flormar. Le concept store du centre Alma rénové l'accueille dans un cube au centre du magasin. Deux esthéticiennes ont été embauchées. Une première ! « Nous sommes en test, explique Roland Beaumanoir. Nouer beaucoup de partenariats fait partie de l'ADN du groupe, comme de la Bretagne mutualiste. L'idée est de lier des métiers connexes à l'équipement de la personne. » Avec Flormar, il joue sur l'image du plaisir féminin avec des produits bon marché, comme ces vernis que la cliente peut changer tous les jours. À l'origine de Flormar, on trouve une entreprise italienne rachetée par son fournisseur turc dont Yves Rocher vient de reprendre la majorité du capital. Roland Beaumanoir prévient : « Le petit commerce non organisé a beaucoup de souci à se faire. »
Pas d'emplois supplémentaires pour Saint-Malo - Dinan
Côté emploi, Beaumanoir est arrivé à un seuil dans le pays malouin, berceau du groupe. Il y emploie à ce jour quelque 800 personnes. « Nous avons fait le plein et nous n'embaucherons plus dans le bassin de Saint-Malo - Dinan, confie Roland Beaumanoir. Nous allons avoir d'autres marques mais sur lesquelles nous ne relocaliserons pas à Saint-Malo des emplois d'ailleurs, précise-t-il. Si je dois créer 20 à 30 emplois à Saint-Malo cette année, ce sera dans la formation et les systèmes d'information. Des métiers qui ne sont pas tout de suite rentables sauf à savoir nous internationaliser, explique-t-il encore. En France, nous avons fait le plein ! Si j'avais une vision franco-française, je serais sûr de ne pas embaucher... » Heureusement, avec 10 % de parts de marché en France, sa vision est aujourd'hui mondiale et elle profite quand même à la Bretagne.
+ 3 à 4 % visés en 2014
Côté chiffre d'affaires, il évoluera encore cette année après avoir atteint un peu plus d'1,3 milliard en 2013. « Nous allons viser 3 à 4 % de progression annuelle, ambitionne Roland Beaumanoir. L'objectif est avant tout de conforter l'Europe et le Moyen-Orient, de partir en reconquête en Italie, en Espagne, au Bénélux. Nous avons aussi quelques beaux projets dans les pays arabes, aux Émirats... »
Prêt-à-porter À Saint-Malo, Roland Beaumanoir annonce vouloir renforcer ses marques et déployer de nouveaux concepts, comme celui testé avec Yves Rocher.