Au cours des six dernières années, le groupe Atos a connu une croissance rapide, en passant de 5,6 Md€ à 11 Md€ de CA, tandis que ses effectifs globaux ont augmenté de 45.000 à 93.000 salariés. Le pilier de cette croissance ? Le développement du numérique, avec l'essor du mobile, du cloud et de l'analytics, qui constitue selon le groupe « la troisième révolution digitale », après l'informatique et internet. Atos a renforcé sa stratégie d'acquisitions, entre autres grâce au rachat du groupe informatique Bull (Echirolles). « Grâce à cette fusion, nous comptons aujourd'hui deux sites de tailles équivalente sur Grenoble, avec près de 1.000 salariés », estime Michel Bracquemond, directeur du site Bull d'Echirolles.
Une intégration progressive
L'intégration entre les deux entreprises a commencé il y a près d'un an : « Le fait d'intégrer un groupe comme Atos, avec 93.000 salariés alors que nous étions 9.000, suppose une dimension et un système managérial plus mondial, résume Michel Bracquemond. Tout ne s'est pas fait en une fois. En l'espace d'un an, nous sommes passés de processus Bull à des processus Atos, que ce soit au niveau des postes de travail, de la façon d'être outillé, aux processus d'achats, ou la façon de gérer des projets... », ajoute-t-il. Les salariés ont pu bénéficier de séminaires en e-learning ainsi que de formations regroupées entre les deux sites. « Des personnes de Grenoble sont venues nous donner des conférences et faire du coaching afin de nous apprendre à utiliser les outils », explique Michel Bracquemond.
Entre smart grids et big data
Si le regroupement des sites Bull et Atos sur le site de Bouchayer Viallet avait un temps été envisagé, il a finalement été décidé que les deux sites seraient conservés. « Chacun a encore de la place et nous pouvons croître », indique Olivier Gau, directeur du site de Grenoble, qui précise qu'une cinquantaine d'embauches est prévue sur chacun des deux sites en 2016. L'objectif ? Créer une nouvelle division, autour du big data et de la sécurité, à partir de Bull dont c'était la spécialité. 40% des équipes de cette dernière ont en effet rejoint cette nouvelle entité, oeuvrant pour des clients à l'échelle nationale et mondiale, notamment dans le domaine des supercalculateurs. Le CEA, un client historique de Bull vient d'ailleurs de signer un nouvel accord pour la production d'une machine de 1.000 terra. Grâce au numérique, Atos viserait de nouveaux débouchés pour le calcul scientifique : grande distribution, web, pétrole, l'énergie ou encore médical... « L'enjeu est de réussir à présenter ces énormes masses de données d'une façon simple et rapidement utilisable, afin de permettre à nos clients de développer leur business », explique Michel Bracquemond. Autre axe de développement ? L'énergie, avec la filiale Atos Worldgrid (650 personnes en France dont 450 à Grenoble), qui travaille sur des projets en lien avec les smart-grids. «Nous avons gagné il y a deux mois un projet en Serbie pour déployer des infrastructures de smart metering, en vue de poser des compteurs intelligents », annonce Olivier Gau. Atos Worldgrid consacre d'ailleurs près de 5% de son CA aux investissements dans ce domaine. « L'infogérance reste majoritaire au sein de notre chiffre d'affaires, mais les perspectives de croissance les plus importantes se situent dans le domaine du big data et du cloud », ajoute-t-il.
Atos
(Paris) Dirigeant : Thierry Breton 93.000 salariés (18.000 en France) CA 2014 : 11 Md€ (2 Md€ en France). //fr.atos.net
Numérique. Après l'acquisition de Bull en 2014 et celle de Xerox IT aux Etats Unis à l'été 2015, le leader européen de la fourniture de services numériques Atos entend bien s'imposer au niveau mondial. Le bassin grenoblois est d'une importance capitale pour le groupe, puisqu'il héberge le centre de R&D de Bull à Echirolles et le siège mondial d'Atos Worldgrid à Grenoble.