Grenelle de l'apprentissage : Les premières mesures du conseil régional
# Politique économique

Grenelle de l'apprentissage : Les premières mesures du conseil régional

A l'occasion du Grenelle régional de l'apprentissage, les premières mesures destinées à promouvoir l'apprentissage ont été annoncées.

Bruno Retailleau avait fait de l'apprentissage une de ses priorités lors de la campagne des Régionales. Pour le président de la Région, l'apprentissage constitue en effet une arme privilégiée pour lutter contre le chômage des jeunes. « L'apprentissage, c'est un taux d'insertion professionnelle à sept mois de 62 % au niveau national, et même de 70 % au niveau régional », indique-t-il. Aussi, à peine élu, a-t-il réuni, le 24 mars à Nantes, le Grenelle régional de l'apprentissage auquel ont participé près de 1.000 personnes, issues de tous les départements et de tous les secteurs de l'économie. Ce rendez-vous est l'aboutissement d'une démarche de consultation tous azimuts : consultation d'une centaine d'acteurs de l'apprentissage et consultation publique sur internet à travers des questionnaires qui a recueilli 2.500 réponses en quinze jours.




Recul de 13 % des apprentis depuis 2007

Dans les Pays de la Loire, 15.700 entreprises et employeurs publics accueillent des apprentis. Les deux tiers de ces entreprises emploient moins de 11 salariés. C'est donc ce vivier de TPE et de PME que veut mobiliser la Région en faveur de l'apprentissage. En effet, celui-ci a fortement reculé depuis le début de la crise. En 2015, la région comptait 27.100 apprentis et pré-apprentis contre 31.000 en 2007, soit une diminution de 13 % sur huit ans. Ce recul est toutefois inégal. Si l'apprentissage a reculé de 37 % en CAP, il a au contraire progressé de 250 % en licence-master. Alors même que l'apprentissage est un levier d'insertion dans la vie active particulièrement efficace pour les populations les moins diplômées. C'est pourquoi, dès le mois prochain, à l'occasion du vote du budget 2016, la Région devrait adopter une série de mesures très concrètes pour promouvoir et renforcer l'apprentissage.




25 à 30 mesures concrètes

La première vise à valoriser, financièrement si possible, et socialement les maîtres d'apprentissage. Une prime de 1.000 euros serait accordée aux entreprises qui recruteraient leur premier apprenti de niveau IV ou V (NDLR : niveau CAP-BEPA ou Bac Pro-Brevet technicien). Dans chaque département, dix à vingt ambassadeurs de l'apprentissage seront nommés. Ces apprentis qui ont réussi iront ensuite témoigner dans les collèges. Le préapprentissage sera développé, notamment pour les jeunes décrocheurs ou sortant du système scolaire sans qualification. Le dispositif Dima (dispositif d'initiation aux métiers de l'alternance) sera activé à leur attention. Une sorte de garantie sera mise en place pour que les apprentis, victimes d'une rupture de leur contrat d'apprentissage (22 % au niveau national, 11 % au niveau régional) puissent terminer leur année dans un CFA (centre de formation des apprentis). Pour favoriser la mobilité des apprentis, tout particulièrement en milieu rural, une aide au financement du permis de conduire devrait également être accordée. Au total, ce sont 25 à 30 mesures qui devraient être votées. « Ce Grenelle n'est qu'un point de départ, car l'apprentissage sera au coeur du nouveau mandat. Il faut faire sauter les verrous économiques, psychologiques mais aussi idéologiques sur l'apprentissage, et permettre à nos jeunes de s'insérer rapidement et efficacement sur le marché du travail. Face à l'augmentation du chômage des jeunes, nous devons utiliser tous les leviers don nous disposons », déclare Bruno Retailleau.

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