Il y a encore quelques mois, les 25 entreprises du Siam (Synergie interprofessionnelle des activités maritimes) de La Ciotat, se demandaient comment elles allaient pouvoir répondre favorablement à toutes les demandes de maintenance de yachts. Aujourd'hui, à l'heure où la récession économique produit ses premiers effets, «10 places de bateaux sont vides», confie Alberto Spina, représentant du groupement et président de l'entreprise Composite works. Et, cette semaine, une entreprise de 6 salariés a été liquidée et une autre, employant 40 personnes, a été placée en redressement judiciaire et devrait donc réduire la voilure de son activité des deux tiers.
Attentisme de la clientèle
Une situation qui n'épargne pas non plus les chantiers varois, ni les entreprises qui affichaient jusque-là de belles croissances. Ainsi, Monaco marine n'aura pas besoin de réduire ses effectifs, mais son directeur, Vincent Laroque a revu ses objectifs de croissance à la baisse: les 20% initialement prévus pour 2009 ont fondu pour atteindre 5%. Les raisons de cette baisse soudaine d'activité? L'attentisme des clients: «Ils se cantonnent désormais à l'entretien classique de leurs bateaux et aujourd'hui, nous n'avons donc aucune demande de devis pour du "refit"», explique Denis Pelligrino, directeur général du chantier IMS à Saint-Mandrier. Et c'était bien le refit ou les travaux d'embellissement qui permettaient à ces entreprises de maintenance de réaliser une bonne part de leur chiffre d'affaires. Résultat: IMS prévoit une baisse de 20 à 30% de son CA en 2009 et a déjà réduit de 10% le nombre de ses intérimaires.
Préserver la sous-traitance
La principale inquiétude des chantiers porte sur la situation économique de leurs sous-traitants. Certains ressentent déjà une nette baisse de leur activité et ne savent surtout pas de quoi demain sera fait. Pour ne pas perdre un savoir-faire, quelques fois unique, les donneurs d'ordre sont unanimes: préserver coûte que coûte les 300 entreprises et 3.000 emplois de la sous-traitance. Aujourd'hui, chaque entreprise réagit au coup par coup pour tenter de sauver des eaux certains de ses partenaires industriels. Des initiatives collectives prendront peut-être prochainement le relais. Une démarche indispensable si on en croit la conclusion optimiste délivrée par Vincent Laroque: «Les gros constructeurs rencontrent certes des difficultés mais ont, pour le moment, des carnets de commandes remplis pour les 4 à 5 années qui viennent. C'est-à-dire autant de nouveaux bateaux qui devront inévitablement passer par nos chantiers de maintenance. Nous devrons donc être prêts le jour J!».
*www.rynetwork.com
La filière grande plaisance voit ses carnets de commandes s'amenuiser comme peau de chagrin. Bon nombre d'entreprises réduisent donc la voilure et se sont réunies sous l'égide du Riviera yachting network* pour dresser un bilan et se serrer les coudes. Objectif: être prêtes le jour où l'activité redémarrera.