Grande distribution : Le top 25 des hypers/supers costarmoricains

Grande distribution : Le top 25 des hypers/supers costarmoricains

Si Carrefour Langueux reste le premier hypermarché des Côtes-d'Armor, le magasin subit une concurrence féroce de la part de nombreux Leclerc, Dinan et Plérin en tête. U et Intermarché chassent derrière.

Le mammouth est toujours bien vivant. Malmené par des habitudes de consommation qui ont amené le chaland à tourner le dos aux hypermarchés, attaqué de toutes parts par une flotte d'indépendantes, Carrefour Langueux conserve sa place de premier hypermarché des Côtes-d'Armor. Tel est l'un des principaux enseignements du classement exclusif des hypermarchés et supermarchés du département, selon leur chiffre d'affaires réalisé en 2013. Certes, les 78 millions d'euros enregistrés l'an passé témoignent encore du recul du navire amiral de la zone de l'Escale à Langueux, déjà passé de 95 millions d'euros en 2008 à 85,3 millions d'euros en 2011, date de la dernière parution du classement des GMS costarmoricaines par le Journal des entreprises.






Leclerc Dinan et Plérin au coude-à-coude

Derrière sans surprise, le Leclerc Dinan et son confrère de Plérin complètent le podium. Le resserrement constaté sur le trio de tête (moins de 10 millions d'euros) témoigne de la réussite de la politique d'agressivité des enseignes indépendantes (près de 6 millions d'euros de CA supplémentaire pour chacun en trois ans). « Nos orientations commerciales nous font progresser mais nos marges sont aujourd'hui plus réduites, précise Regis Cadalen, patron du Leclerc de Dinan. Cela prouve toutefois notre capacité d'adaptation afin d'offrir aux clients, en ces périodes difficiles, le meilleur des services possibles. »




De nombreux U et deux Intermarché intercalés

Terre d'enseignes indépendantes, les Côtes-d'Armor sont avant tout une terre de Leclerc qui truste 7 des 10 premières places. Seuls deux Hyper U, les paquebots d'Yffiniac et de Plancoët, lequel va devoir faire face, dans quelques mois, une concurrence nouvelle (cf. encadré) s'intercalent entre Lannion, Ploufragan, Lamballe, Loudéac et Guingamp. Le Top 10 marque d'ailleurs une rupture entre les « bouclards » qui dépassent 40 millions d'euros de CA annuel et... le reste de la troupe. Et là encore les surprises ne manquent pas. À commencer par les Carrefour de Guingamp et Paimpol. Malgré des surfaces de vente supérieures ou égales aux sept magasins qui les précèdent au classement (autour de 4.000 m²), ces deux points de vente affichent des rentabilités aux mètres carrés désastreuses au vu de leur potentiel commercial.




Les deux Géant n'en finissent pas de reculer

Et que penser alors des deux autres magasins intégrés du département : Géant Lannion et Saint-Brieuc. Si leur recul n'est plus vraiment une surprise, leur activité au regard de leur surface commerciale s'effondre d'une année sur l'autre (- 3 % à - 6 % par an en moyenne). Un symbole suffit à résumer la situation : avec deux fois moins de surface de vente, Super U de Binic terrasse de 7,6 millions d'euros de CA supplémentaire le Géant des Villages à Saint-Brieuc. Concernant le reste du classement, Leclerc et Système U, sous leur format supermarché, se partagent les accessits. Force est de constater une prédominance des côtiers (Binic, Pléneuf, Matignon, Trégastel, Plestin-les-Grèves, Erquy) qui trouvent dans la clientèle touristique le relais de croissance que n'ont pas leurs confrères du centre-Bretagne, grands absents du classement à l'exception du Leclerc Loudéac. À noter les belles performances des deux Intermarché sous format Hyper des Côtes-d'Armor, notamment celui de Lamballe, repris en main par Daniel Le Bail, ex-patron Intermarché à Plaintel et Trégueux. En cinq ans, le chiffre d'affaires du magasin affiche une croissance de plus de 40 % à 31,8 millions d'euros.




Carrefour Langueux investit pour reconquérir le client

Conscient de la fragilité de son leadership, Carrefour Langueux a placé l'année 2014 sous le signe de la remobilisation au service des clients. « Plus de deux millions d'euros ont été investis dans un ré-agencement du magasin, confirme le directeur Georges Labbé. Il était important de revoir la configuration des flux, d'améliorer notre offre produits frais, de mieux valoriser les producteurs et PME régionaux, etc. » Des fondamentaux du commerce que les intégrés, sous la pression de leur maison mère parisienne, perdent parfois de vue. « Tout en gardant la philosophie de l'enseigne, nous avons aujourd'hui plus de latitude pour offrir une touche plus personnelle à nos points de vente. Notre rayon marée, qui s'appuie désormais pleinement sur les criées d'Erquy et de Saint-Quay, est un parfait exemple. »

Reste que derrière l'armada d'indépendants n'a pas attendu pour lancer la contre-attaque. À défaut de création ex-nihilo - le dernier magasin neuf inauguré reste le Super U de Loudéac en 2011, le dernier transfert, Erquy en 2014 -, tous ont entamé, à leur tour, de vastes travaux d'agrandissement et de modernisation. De quoi garantir une guerre des prix et de l'attractivité encore plus féroce en 2015.