Gironde : SUS fait de ses cadres des patrons
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Gironde : SUS fait de ses cadres des patrons

Philippe Chapuis a repris il y a un an l'entreprise SUS. Il se donne 5 à 10 ans avant de vendre. D'ici là, il souhaite former une nouvelle équipe de direction, investir dans de nouveaux outils et racheter d'autres sociétés.

Philippe Chapuis est un patron atypique. Quand il achète une entreprise, il s'attelle en priorité à chercher son successeur parmi ses salariés. Ainsi, quand il a repris l'entreprise de mécanique SUS, à Fargues-de-Langon, il a rapidement nommé un directeur général et formé une nouvelle équipe de direction. Avec en tête l'objectif d'ouvrir le capital de la société aux salariés dans 2 ou 3 ans. Puis les laisser piloter l'entreprise afin qu'il puisse se consacrer à une autre aventure entrepreneuriale. Évidemment, une telle stratégie exige d'être un patron aguerri.

Ex-patron d'une entreprise de 100 salariés
Jusqu'en 2015, Philippe Chapuis dirigeait l'entreprise de négoce agricole Chauvin. Une PME de 100 salariés basée en Côte-d'Or. « J'ai vendu mes parts et cherché une PME à reprendre, explique Philippe Chapuis. J'ai contacté de nombreuses CCI et finalement, la CCI de Bordeaux m'a présenté le dossier le plus intéressant : SUS ». Cette entreprise qui pèse 1,8 M€ et emploie 17 personnes est spécialisée dans la conception de sous-ensembles mécaniques, la fabrication de pièces mécaniques de petites séries, le montage et la maintenance. « J'ai trouvé une bande de compagnons passionnés de mécanique, qui représentaient une grande valeur. Je me suis dit qu'il y avait la possibilité de faire grossir cette micro PME organisée de façon artisanale ».

Projets affichés dans l'atelier La reprise, signée en mars 2015, a conduit à de nombreux changements dans l'entreprise. Un plan à 3 ans a été élaboré, avec la volonté de moderniser les outils, les méthodes et les procédures. Alors que le précédent dirigeant communiquait peu avec ses équipes, Philippe Chapuis joue la carte de la transparence. Des réunions d'information sont organisées régulièrement et une " pyramide de l'excellence " est affichée dans l'atelier. On y trouve tous les projets qui doivent être menés jusqu'en 2018 : analyse financière, montée en compétences de
quatre managers, modification de l'actionnariat... L'ancien responsable industriel a été nommé Dg et plusieurs hommes et femmes clés identifiés pour reprendre une partie des responsabilités de l'ancien dirigeant. Philippe Chapuis s'occupe pour sa part de la stratégie, des finances, du marketing et du développement commercial. « Des formations voire des changements de métiers sont proposés aux salariés, explique-t-il. L'Afpi m'aide dans la montée en compétences de mes équipes ».

Agrandissement et réaménagement du bâtiment

Les moyens de production doivent également évoluer, avec le renouvellement de machines, la création d'un bureau de contrôle et l'acquisition d'un gros centre d'usinage. Pour un total qui dépasse le million d'euros. Le bâtiment sera prochainement agrandi et réaménagé pour gagner en productivité. La consultation des entreprises est en cours et la livraison devrait être effective l'année prochaine. Christian Pradal a été choisi comme architecte de ce projet à 600.000€.

Multiplier le revenu par trois
Philippe Chapuis souhaite que SUS atteigne les 5 M€ de chiffre d'affaires, éventuellement avec des opérations de croissance externe. Des cibles sont recherchées dans des activités de mécanique, chaudronnerie, traitement thermique ou peinture. « Dans 3 ans, l'entreprise doit pouvoir vivre sans moi afin que je me consacre au développement d'autres structures. Puis, dans 5 à 10 ans, viendra le temps de la transmission ».

05 56 62 23 39
www.sus-sarl.com

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