Partir à la conquête des marchés internationaux: c'est le pari qu'a fait un viticulteur des Côtes du Forez pour faire connaître son vin. Installé dans la commune de Champdieu près de Montbrison, Gilles Bonnefoy a d'abord travaillé dans les spiritueux avant de se lancer dans la vigne.
Export
Il cultive aujourd'hui huit hectares de terrain qu'il a acheté au début des années 2000 et exporte près d'un tiers de sa production depuis deux ans en Europe (Allemagne, Belgique, Hollande, Angleterre) mais aussi aux États-Unis. Le tiers restant étant vendu via la restauration, la grande distribution, les cavistes/grossistes et la vente à la propriété. «L'appellation Côtes du Forez est assez méconnue, ce qui rend l'exportation relativement difficile. Il faut pour cela que les agents prennent des risques! Et ça n'est malheureusement pas toujours le cas», regrette le jeune viticulteur. Classé AOC depuis 2000, le vignoble du Forez reste en effet relativement confidentiel: il s'étend sur 180 hectares à une quarantaine de kilomètres de Saint-Étienne. En tout, une centaine de viticulteurs travaillent sur l'ensemble des vignes, dont 90% livrent leur production à la cave coopérative. «La production annuelle est d'environ 600.000 bouteilles pour un chiffre d'affaires d'un peu moins de deux millions d'euros, expose Gilles Bonnefoy. Nous ne sommes, au total, que neuf vinificateurs à transformer le raisin en vin». Ainsi, vendu à 85% dans la région, la production subit le contrecoup d'une concurrence locale féroce. «Exporter devient une nécessité si l'on veut vendre correctement son vin, explique-t-il. C'est pourquoi, je mise aujourd'hui sur des pays comme le Canada, en collaboration avec deux autres domaines des Côtes du Forez».
Un produit bio
En choisissant de produire du vin biologique dès 2001, Gilles Bonnefoy a également parié sur le potentiel économique de l'agriculture "verte", malgré des coûts de production plus élevés. «Produire du vin bio me coûte 20 à 25% plus cher que si je pratiquais une agriculture traditionnelle. Par contre, les consommateurs sont prêts à donner plus pour acheter un produit issu de l'agriculture biologique. Sans compter qu'à l'export, le vin bio se vend mieux», reconnaît-t-il. Car outre l'image que peut lui apporter le label AB (Agriculture biologique), cette certification lui a aussi permis de participer à une mission de prospection à l'étranger en partenariat avec le pôle de compétitivité Organics Cluster et ERAI (Entreprise Rhône-Alpes International). Ayant pour objectif la promotion des produits bio, Organics Cluster finance avec la Région Rhône-Alpes la moitié du coût de la prospection à l'étranger. «Une mission est d'ores et déjà prévue courant mars à Toronto. Mon objectif est d'assurer à cette occasion mon développement en Amérique du Nord». Avec près de 100.000€ de chiffre d'affaires en 2008 et 30.000 bouteilles produites, Gilles Bonnefoy espère, grâce aux efforts consentis sur les marchés étrangers, gonfler ce chiffre de 30% en 2009.
Pour assurer le développement de ses ventes, Gilles Bonnefoy a fait le pari d'exporter une partie de sa production de vin en Amérique du Nord notamment. Il doit s'envoler, dès le mois de mars, pour Toronto afin d'effectuer sa première mission de prospection au Canada.