Quelles sont les conclusions de votre rapport pour avis sur le budget de l'industrie, l'énergie et le développement durable?
Au niveau des exportations, la situation de l'industrie est dramatique. De plus, nos PME-PMI sont insuffisamment développées et nous comptons deux fois moins d'ETI qu'en Allemagne, alors que ce sont ces entreprises qui recrutent, exportent et ont une taille critique pour l'innovation. En matière d'innovation, alors que la France se situe au 6e rang mondial pour le nombre de publications scientifiques, elle n'est que 12e en dépôt de brevets.
Quelles sont vos préconisations en termes d'innovation et de recherche?
Au nombre de 71, les pôles de compétitivité sont trop nombreux et devraient se regrouper par filières. Il conviendrait aussi de développer une stratégie auprès des PME-PMI pour qu'elles se regroupent et atteignent une taille critique. De bons outils, comme le FSI, semblent uniquement dédiés aux grands groupes. Leurs critères opaques découragent les PME. Le crédit impôt recherche est aussi capté par les groupes, sans contrepartie. En matière de recherche, le constat est tout aussi délicat. La part du PIB qui lui est dédiée est largement inférieure à 3%, en dépit des engagements de Lisbonne. C'est un problème structurel.
Comment sauver l'industrie?
Il faut réorienter les outils vers les ETI, les PME-PMI et les établissements locaux des grands groupes, développer le secteur des énergies renouvelables, diffuser l'innovation à travers l'ensemble du tissu industriel, sauver les emplois dans les filières existantes et porter l'accent sur la Région pour coordonner les initiatives locales. La filière export doit développer le partenariat par filières et en chassant en meute.
Politique Trois questions à Geneviève Fioraso, députée PS de la 1recirconscription de l'Isère qui vient de rendre un rapport sur l'état de l'industrie française.