Ex BT Pharma, Genticel vient d'annoncer avoir levé 18,2 millions d'euros au terme d'un tour de table mené par le fonds allemand Wellington Partners et associant l'ensemble des actionnaires déjà présents au capital*. La société biopharmaceutique, basée à Labège et Paris (une trentaine de salariés en tout, chiffre d'affaires non communiqué), va ainsi pouvoir accélérer le développement des nouveaux vaccins sur lesquels elle travaille depuis plus de dix ans. « Nous sommes une entreprise qui développe mais ne commercialise pas. Parce que nous brûlons beaucoup d'argent en R&D, nous avons besoin régulièrement de capitaux », justifie Benedikt Timmerman, son fondateur et président du directoire. En 2010, Genticel avait levé 13,1 millions d'euros pour financer l'essai clinique de phase 1 de son produit-phare, le ProCervix. Sa spécificité : cibler les femmes déjà infectées par le virus du papillome humain (HPV) mais ne présentant pas encore de lésions, cancéreuses notamment. « Le HPV, dont sont porteuses 300 millions de femmes dans le monde, est responsable de 500.000 cancers du col de l'utérus diagnostiqués chaque année », rappelle Benedikt Timmerman. Ayant choisi de concentrer ses recherches sur les souches virales HPV16 et 18, en cause dans près de 80 % des cancers du col de l'utérus, Genticel a terminé la première évaluation clinique de phase 1 du ProCervix et met en avant des résultats prometteurs. « Nous avons notamment observé que, dans le groupe de femmes vaccinées, beaucoup ont rejeté le virus. C'est très intéressant car, sans le virus, la maladie ne peut pas progresser. Ce qui nous laisse penser qu'un effet curatif est envisageable. » L'essai clinique de phase 2, visant à évaluer l'efficacité du ProCervix, doit démarrer cette année. « Nous allons recruter des patientes dans plusieurs pays européens qui disposent d'hôpitaux ayant déjà des protocoles de suivi spécifiques. La sélection des centres cliniques est en cours », indique le président du directoire.
Recherche active d'un partenaire industriel
En parallèle de cette phase 2 - qui peut durer plusieurs années -, Genticel va rechercher activement un partenaire industriel capable de conduire les essais comparatifs de phase 3 à l'échelle internationale. « Ce changement d'échelle a un coût très important. Or notre business model prévoit que l'entreprise soit un jour rentable. Deux solutions s'offriront donc à nous au terme de la phase 2 : entrer en bourse, mais ça n'est pas prévu, ou trouver un partenaire industriel et faire en sorte que nos actionnaires obtiennent un retour sur leur investissement voire qu'ils puissent quitter l'entreprise, s'ils le souhaitent. » « Il y a deux types de partenaires possibles, résume Benedikt Timmerman. Des très grands noms de l'industrie pharmaceutique déjà actifs dans le domaine du vaccin donc qui ont certainement toutes les compétences en interne pour conduire la suite des essais et des entreprises de taille plus modeste, actives ou pas dans ce domaine, mais qui pourraient souhaiter que Genticel participe à la phase 3, au moins de façon transitoire. » S'il ne cache pas qu'en tant que fondateur de la société, il préférerait être associé au maximum d'étapes possibles avant la mise sur le marché, il conclut : « C'est l'offre qui en décidera. » * IDInvest Partners, Edmond de Rothshild Investment Partners, le fonds Innobio, l'Irdi et Amundi Private Equity Funds
Biotechs La société ouvre à nouveau son capital pour financer le développement de nouveaux vaccins destinés aux femmes infectées par le virus du papillome humain.