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Gad, Doux : L'incertitude plane dans le Morbihan
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Gad, Doux : L'incertitude plane dans le Morbihan

AGROALIMENTAIRE Deux coups durs sont portés à la filière agroalimentaire dans le Morbihan en ce début d'année. Au total, près de 800 emplois sont menacés.

Nouveau coup dur pour l'agroalimentaire dans le Morbihan. Quelques mois après la fermeture d'usines du groupe finistérien Doux, c'est l'annonce du placement en redressement judiciaire de Gad qui intervient. L'acteur de l'abattage et découpe de viande de porc, compte 650 salariés dans son usine de Josselin sur un total de 1.630 collaborateurs. Gad, dont le siège est à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix, réalise 453 millions d'euros de chiffre d'affaires.




Gad, placé en redressement judiciaire

Sollicitée auprès du tribunal de commerce de Brest, puis de Rennes fin février, la procédure collective de redressement court jusque fin août. Elle doit permettre de faire émerger des solutions de continuité de l'activité. La filiale à 65 % du groupe morbihannais Cecab, dont le siège est à Theix, est présente dans le Finistère à Saint-Martin-des-Champs, à Lampaul Guimiliau et aussi à Saint-Nazaire et Josselin. Déjà 149 postes intérimaires avaient été supprimés, notamment sur le site de Josselin, en septembre dernier. Des suppressions qui ont entraîné une réduction de la cadence d'abattage de porcs. Sur une année, le groupe Gad abat 2,4 millions de porcs. Mais dans un contexte de crise pour toute la filière porcine, dans un marché confronté à de graves difficultés conjoncturelles et structurelles, avec une concurrence accrue d'autres pays comme l'Allemagne, l'entreprise cumule des pertes importantes depuis trois ans. Entre 20 et 50 millions d'euros selon certaines sources, avec un recul de l'activité allant de 4 à 10 % suivant les sites. Ces pertes devraient s'aggraver en 2013 si aucune mesure n'est prise. Les sociétés Aubret, Clavière Viandes et Cedro, rentables, ne seront, elles, pas concernées par cette procédure.




À Pleucadeuc, le site de Doux dans le flou

Autre coup de semonce porté à la filière agroalimentaire. Le site de Pleucadeuc du groupe Doux, dédié à l'abattage de dindes, ne sait pas ce qu'il va devenir. Le volailler breton, dont la période d'observation est prolongée de trois mois, aurait décidé de le céder. Après le licenciement de 270 personnes à Pleucadeuc au second semestre 2012, Doux menace encore de supprimer 147 postes. En effet, si le site est mis en vente, aucun repreneur ne s'est encore fait connaître. Pourtant, le plan de continuation a permis au groupe Doux (1.380 salariés) de renouer avec la rentabilité sur la fin de l'exercice 2012. Le chiffre d'affaires de l'année s'élève à 530 millions d'euros, dont 400 millions d'euros à l'export et 120 millions d'euros pour l'élaboré. « Les chiffres d'affaires prévisionnels pour 2013 sont de 411 millions d'euros pour l'export et 118 millions d'euros pour l'élaboré. Nous prévoyons une trésorerie positive », commente Arnaud Marion, directeur en charge du redressement de Doux. « Cela nous permettra d'investir environ un million d'euros par mois, soit 35 millions d'euros sur trois ans, pour moderniser nos outils. Il est également prévu, à terme, le remboursement de 100 % des créances. » Doux, dont le montant des restitutions européennes d'aide à l'exportation a été divisé par deux, continue de miser sur l'export et notamment le marché du Moyen-Orient.

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