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French Tech Lyon : Vincent, Steven et Alexandre, le triumvirat à la tête de la Halle Girard
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French Tech Lyon : Vincent, Steven et Alexandre, le triumvirat à la tête de la Halle Girard

"Rayonner à l'international", "déployer un potentiel de séduction à l'échelle mondiale" sont quelques unes des ambitions du consortium formé de trois entreprises (Arty Farty, Scintillo et 1Kubator) qui a été désigné par Lyon Métropole pour animer le futur espace -de 4.000m²- destiné à abriter, entre autres, les start-up de Lyon French Tech.

Vincent, Steven et Alexandre : ces trois hommes, 45 ans environ, sont condamnés à bien s’entendre. Sur le papier, Lyon Métropole a en tout cas jugé que leurs projets respectifs étaient compatibles et les a désigné pour piloter le fameux « Lieu Totem », qui abritera entre autres les start-up sélectionnées par Lyon French Tech.

Triumvirat

Le consortium constitué par Arty Farty (Vincent Carry), Scintillo (filiale du Groupe SOS, présidé par Steven Hearn) et l’accélérateur 1Kubator (Alexandre Fourtoy) sera "en charge de la gestion, de l'animation et de la commercialisation des 4.000m² de la Halle Girard".

La réhabilitation de ce bâtiment construit en 1857 est en cours pour près de 12M€ et doit s'achever à l'automne 2018. Elle est portée par SPL Lyon Confluence qui a désigné Vurpas Architectes pour transformer le lieu en un triple ensemble : événementiel, espace start-up et espaces partagés. Le triumvirat désigné le 10 janvier sera locataire du lieu pendant au moins 10 ans, période qui devrait laisser aux trois entreprises le temps d'éprouver leur modèle.

Calendrier

Le calendrier sera précisé d'ici la fin du premier trimestre. Mais d'ici là sera constituée une SAS dont Arty Farty détiendrait 51% des parts. Cette société (45 salariés, plus de 6M€ de chiffre d'affaires) fondée en 1999 par l'ancien journaliste Vincent Carry a démontré sa capacité à faire naître et croître des projets culturels quasiment autofinancés. Depuis 2013, Arty Farty exploite également Le Sucre à Confluence qui organise des soirées culturelles tournées vers la musique tout en commercialisant l'espace auprès d'entreprises qui y organisent leurs événements.

Le Lyonnais qui avait présenté un dossier très ouvert a proposé à Steven Hearn fondateur de Scintillo de le rejoindre pour porter le projet. Les deux hommes se connaissent bien. Ils avaient travaillé ensemble pour tenter (sans succès) de faire de Lyon la capitale européenne de la Culture en 2013. Ils sont aussi partenaires au sein de la Gaité Lyrique à Paris. Steven Hearn est une personnalité reconnue dans le monde culturel pour sa réussite entrepreneuriale à la tête de Scintillo, une holding qui fédère une quinzaine d'entreprises culturelles et qui a rejoint début 2016 le groupe SOS ((filiale 15.000 salariés, 750 millions d'euros de chiffre d'affaires). Enfin ce quadra avait remis en juin 2014 à Arnaud Montebourg et Aurélie Filipetti respectivement Ministre de l'économie et de la Culture, un rapport nommé « Développement de l'entrepreneuriat dans le secteur culturel en France ».

Orientation culturelle

Dès lors le projet Totem n'incarnerait-il pas une tonalité très -trop- culturelle ? "Je me suis posée la question, reconnaît Alexandre Fourtoy, le dirigeant d'1Kubator, qui n'y voit pas un handicap, mais plutôt un atout. "Le projet va bien au-delà du parcours standard construit autour des start-up, décrit-il. A la Halle on proposera à la fois de l’excellence entrepreneuriale et l'élargissement à la créativité, y compris à l'art. Cette intégration de la créativité est un facteur différenciant très fort pour les entreprises" milite celui qui fut directeur de la communication de l'UEFA. « Nous avons l'ambition d'en faire un vrai lieu de vie qui devra s'imposer à l'échelle internationale, appuie Vincent Carry, le fondateur des Nuits Sonores et qui fut parmi les premiers acteurs locaux à exploiter l'âme de la Halle Girard pour son Festival de musique électronique. Il nous faut pour cela incarner un potentiel de séduction très marqué avec une image forte. L'idée n'est pas de porter un projet immobilier avec un ratio de rentabilité du mètre carré couché dans un tableau Excel ».

Ambition économique

Territorialement, cet espace devra incarner un "lieu passeur", sorte de "rotule" ( Vincent Carry dixit) dans la "boite à outils économique " locale. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce dossier a été géré conjointement par le directeur général adjoint au développement économique Jacques de Chilly et le "Monsieur French Tech" de la Métropole, Sylvain Iafrate, sous l'autorité politique de Karine Dognin-Sauze, la vice-présidente de Lyon Métropole en charge du numérique.

Ce dossier revêt un enjeu à la fois politique, communicationnel et économique. Raison pour laquelle son chef d'orchestre, Vincent Carry, insiste sur son caractère créatif, plus que culturel. « Si je reprends l'acte de naissance du projet French Tech, rappelle Vincent Carry, la création dans l'acte d'innovation était essentielle, parfois incarnée dans des choix très business ou parfois très culturels comme c'est le cas à Avignon par exemple. A Lyon, grâce à l'apport très important d'1Kubator porté Alexandre Fourtoy, qui a l'expertise pour accompagner des start-up, nous inscrirons dans un accompagnement des jeunes pousses avec une ambition économique, ce qui n'empêchera en rien de refléter une dynamique créative ».

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