Démonstration de force, ce vendredi 3 octobre, sur le parvis du campus Sophia Tech. Élus, start-upers, entrepreneurs, tech champions, académiques, ils étaient tous là pour montrer et démontrer la mobilisation de l'écosystème du numérique azuréen au cours d'un Pic'TIC particulièrement couru. L'objet de toutes ces attentions ? David Monteau, directeur de la mission nationale French Tech, venu pour évaluer la dixième candidature à la labellisation de son agenda, celle de French Tech Côte d'Azur. Et visiblement, le territoire a su marquer des points. « L'un des enjeux de la labellisation French Tech tient en la mobilisation du collectif autour d'une problématique, l'entreprenariat de croissance. Il s'agit d'aligner les acteurs publics et les entrepreneurs sur une vision partagée, ce qui n'est pas toujours simple. Il semble qu'ici ce soit réussi », constate David Monteau. En effet, après un démarrage poussif qui s'est conclu par l'union sacrée des collectivités de Sophia, Nice, Cannes et Grasse, le projet azuréen s'est solidement structuré autour de 17 entrepreneurs emblématiques, 8 nouveaux projets d'accélérateurs de start-up et 2 bâtiments totems (Sophia Tech et Paillon 2020 - Espace Delvalle). Reste maintenant à vérifier qu'il suscite bien une projection lucide en lien avec l'écosystème local. « Notre problématique ne tourne pas autour des grands groupes mais du renforcement des start-up que nous considérons comme un moteur pour l'innovation, et donc pour l'économie française. » Cela suppose donc un tissu d'entrepreneurs diversifié, déjà engagés dans le succès, de grands groupes partenaires, des universités, des centres de recherche... En bref, « tout ce qui constitue le terreau dans lequel les start-up peuvent trouver des clients, du financement, des talents et une visibilité à l'international », insiste le directeur.
Pas de limite à la labellisation
La labellisation, elle, se fera au fil de l'eau. Si les premiers labels doivent être accordés dans les semaines à venir, David Monteau tient à préciser : « Nous ne sommes pas dans une course. Il n'y a pas de limitation à la labellisation. Si l'engagement est collectif, si le projet comporte tous les ingrédients qui vont faire que les territoires sont dynamiques, tous peuvent être labellisés. Même au sein d'une même région. » De quoi mettre un terme à la compétition qui oppose les trois candidatures de Paca, Aix-Provence, Toulon et Côte d'Azur.
Pas d'argent non plus
Autre précision, et pas des moindres, « il n'y a pas d'argent face à la labellisation ». Certes, une enveloppe de 200 M€ est bien mise sur la table, mais elle vient en soutien aux différents projets d'accélérateurs situés sur les territoires, qu'ils soient labellisés ou non. Les 15 M€ restants serviront à la promotion de la marque ombrelle French Tech à l'international. « Il s'agit d'installer la France dans le viseur des leaders et investisseurs mondiaux comme une terre de start-up, à l'instar de la Californie ou d'Israël ». Rien à gagner donc ? « Au contraire ! C'est même le dernier espoir de faire briller ce territoire et de lui redonner la place qui lui revient », explique Olivier Courtade (M2M solution), un des 17 techs champions azuréens qui insiste : « Les entrepreneurs ont pris la main. Nous avons appris à nous connaître et à travailler ensemble. Si cet élan perdure, ce sera gagné ». Et Claude Giafferri, président d'Amadeus SAS de conclure : « J'ai des doutes sur ceux qui doutent ». Réponse attendue d'ici à la fin de l'année.
Labellisation. En visite sur la Côte d'Azur, le directeur de la mission French Tech, David Monteau, apporte quelques précisions quant au processus de labellisation.