A
près 25 années de gestion socialiste, comment jugez-vous le développement économique de la ville de Pessac ?
Sylvie Trautmann : Tout est loin d'être à jeter dans la gestion de nos prédécesseurs. Le premier souci à régler a été de retisser un lien avec le Club des entreprises de Pessac. Jean-Jacques Benoît s'en était éloigné. Le dialogue est désormais renoué. Par ailleurs, il faut améliorer le tissu artisanal et commercial. Benoît Rautureau s'y emploie. Une Maison des artisans est à l'étude, un peu sur le modèle de la pépinière artisanale Sainte-Croix, à Bordeaux.
Si Mérignac est clairement identifiée pour son secteur aéronautique, Pessac manque d'une identité en terme de développement économique. Comment comptez-vous y remédier ?
Franck Raynal : C'est un objectif du mandat : déterminer une stratégie pour élaborer une marque Pessac. Une réflexion est engagée pour mieux mettre en avant l'attractivité du territoire, tout en ne se démarquant pas de la Cub. Il faut trouver la voie pessacaise dans une autoroute Cub. Il ne suffira pas de dire : "on est bien à Pessac", il faudra révéler les atouts et capitaliser dessus. Il ne faudra pas forcément mettre en avant un secteur d'activité, mais peut-être une démarche.
Comment comptez-vous attirer les entreprises alors que la ville ne dispose presque plus de foncier ?
F. R. : Malgré les prix élevés du foncier, nous ne devons pas nous concentrer uniquement sur le logement, mais aussi sur les activités économiques qui assurent un emploi aux Pessacais.
S. T. : Il nous reste quelques parcelles disponibles. Mais nous savons surtout que nous aurons d'énormes disponibilités foncières en 2017, après le départ de Thalès pour Mérignac. Mais Thalès est propriétaire du terrain et libre de le céder à qui il souhaite. La convention signée avec le conseil régional pour la réhabilitation du site est une coquille vide.
F. R. : Le départ de Thalès est une déconvenue que nous devons transformer en opportunité.
Comment expliquez-vous l'échec du Bioparc ?
S. T. : Je vois trois causes : le manque de signalisation et d'accessibilité, sa spécialisation trop étroite et le manque de souplesse de la Caisse des dépôts, qui refuse des "petits" locataires.
F. R. : Je crois beaucoup à la relation humaine et au pragmatisme. Il nous faut expliquer à la Caisse des dépôts que le concept ne marche pas, et qu'il vaut mieux se contenter d'une partie dédiée aux biotechnologies, et une autre partie à vocation plus large.
Allez-vous mener à son terme le projet des Échoppes dédié à l'économie sociale et solidaire ?
F. R. : L'ESS c'est gentil mais ça ne s'autofinance pas. Les dotations budgétaires sont en baisse, et non devons réaliser des choix. Un arbitrage doit être réalisé avec l'adjoint aux Finances.
S. T. : Les trois bâtiments sont anciens et hébergent des activités très différentes, liées à des associations culturelles ou sportives ou à de l'ESS. Nous repartons de zéro pour savoir si le projet a un intérêt. Peut-être verra-t-il le jour, mais pas forcément aux Échoppes.
Le choix d'annuler le projet de zoo est-il définitif ?
F. R. : Il est assumé et revendiqué. Le conseil régional considère qu'il s'agit d'un bon projet qui va rapporter de l'argent. Mais pourquoi a-t-on alors autant de problèmes à trouver des partenaires ? L'ancien propriétaire du zoo a déjà dit que le projet n'était pas viable. Le zoo qui était envisagé représentait une enveloppe de 41 M€, dont 7 M€ financés par la Ville de Pessac. Nous allons réinvestir cet argent dans des projets plus utiles. Par ailleurs, nous comptons récupérer l'argent investi dans l'acquisition du zoo. Une municipalité n'a pas vocation à exploiter un zoo, et nous allons donc le mettre en vente.
Alain Rousset est député de la circonscription, président de la Technopole Unitec et président de la Région Aquitaine. On le sait très attaché aux dossiers économiques et futur candidat aux municipales de 2020. Ne craignez-vous pas un bras de fer sur les sujets liés à l'économie ?
S. T. : Je connais bien Alain Rousset, puisque je suis élue au conseil régional. Nos relations sont bonnes. Il n'y a pas de combat d'idées entre nous au sujet du développement économique.
La nouvelle municipalité pessacaise souhaite annuler le projet de zoo, remettre à plat le dossier de l'économie sociale et solidaire aux Échoppes et relancer le Bioparc. Le maire, Franck Raynal, entend déterminer une stratégie pour élaborer une marque Pessac.