Depuis Strasbourg, France Signalisation constitue la première entreprise privée qui a pu se lancer dans la sécurisation des voies de chemin de fer. « J'ai en quelque sorte créé le marché », souligne son P-dg Jacques Gargowitsch. Celui-ci a convaincu la SNCF qu'elle pouvait externaliser cette fonction hautement sensible. Lui-même n'était pas un inconnu de la grande maison : il y a exercé pendant dix ans des fonctions d'encadrement dans les infrastructures. Et il a soigneusement veillé à respecter toutes les obligations réglementaires sur la compétence du personnel. « Nos intervenants disposent des habilitations prévues par l'arrêté ministériel de référence de 2003, qui imposent des prérequis spécifiques d'aptitudes médicales, d'aptitude psychologique et de formation », indique-t-il.Depuis sa création en 2009 qui lui a valu d'être lauréate du réseau Entreprendre Alsace, France Signalisation a développé six métiers. La sécurisation du personnel travaillant sur les voies, en premier lieu. Elle a mis au point un dispositif d'alarme visuelle et sonore reposant sur des capteurs qui détectent le passage d'un train afin de laisser le temps nécessaire aux opérateurs de se retirer de la voie. Elle assure la conception, le test, l'installation, la gestion et la maintenance de l'équipement fabriqué par un fournisseur allemand. Outre cette annonce automatique, elle organise aussi la surveillance humaine classique avec ses "annonceurs" postés le long d'une voie qui vont prévenir de l'arrivée d'un train puis ordonner le retour sur le chantier, munis de leur célèbre trompe.Second métier, la "limitation temporaire de vitesse" (LMT) permet de déclencher un freinage d'urgence d'un train circulant trop rapidement à l'approche d'un chantier. France Signalisation déploie également des coordinateurs de sécurité pour diminuer les risques d'accident sur chantier, ainsi que des systèmes de protections pour les travaux électriques.
Premières diversifications
Deux activités plus récentes d'expertise ferroviaire et de travaux de signalisation (maintenance, essais et vérifications d'installations démontées puis remontées) complètent l'offre. Elles représentent aussi les principaux vecteurs de diversification, d'une part à l'export, d'autre part vers des clients hors la SNCF, donneur d'ordre quasi unique jusqu'à il y a peu.L'entreprise strasbourgeoise a par exemple audité la sécurité de 251 passages à niveau des chemins de fer marocains. Elle trouve des clients et prospects parmi les ports qui reprennent la propriété de leurs voies ferrées, parmi les exploitants de tramways, etc. De belles perspectives de croissance en découlent. « Nous avons déjà réalisé l'équivalent de 18 % du chiffre d'affaires de l'exercice précédent sur le seul premier mois du nouveau, en octobre 2013 », annonce Jacques Gargowitsch. Les créations d'emplois suivent le mouvement... voire le précèdent. La PME a procédé à une vingtaine d'embauches en 2013. Elle va poursuivre cette année, sans que son P-dg puisse encore en chiffrer l'ampleur. « Nous restons en recrutement continuel. Hormis quelques postes aux profils techniques précis, le critère majeur de sélection d'un candidat, c'est sa pleine conscience des enjeux de sécurité », conclut Jacques Gargowitsch.
France Signalisation
(Strasbourg)P-dg : Jacques GargowitschCA 2012-2013 (exercice clos le 30 septembre) : 4 M€45 salariés03 88 24 98 30