Fonds propres : Les petites entreprises mieux considérées
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Fonds propres : Les petites entreprises mieux considérées

CAPITAL-RISQUE Un audit lancé en 2010 par la Région Bretagne a mis en exergue le manque de soutien aux petites entreprises. En particulier dans le cadre d'une transmission. Conséquence: la mission de Bretagne Jeunes Entreprises a été élargie.

C'est l'achèvement d'un processus lancé par la Région Bretagne en 2010 autour de l'offre fonds propres. Un audit mené à l'époque par Ernst and Young avait conclu au constat suivant: en Bretagne, les petits investissements étaient délaissés. Et en particulier les transmissions de PME de secteurs dits traditionnels. Une réflexion autour de la mission de Bretagne Jeunes Entreprises - BJE pour les intimes - était alors lancée. Deux ans après le début du processus, «on élargit donc le spectre d'intervention de BJE», explique Frank Stephan, promu directeur exécutif de la société de capital-risque régionale. Spécialisée depuis son origine dans l'accompagnement en fonds propres des jeunes entreprises innovantes bretonnes, BJE s'intéresse désormais aussi «au capital développement-transmission sur des petites entreprises, dans des secteurs qui n'avaient plus de "financeurs".» Afin d'accompagner cette évolution, les actionnaires de BJE ont procédé à une augmentation de capital de 2,4M€, pour arriver à 7,4M€, tout en respectant l'équilibre de départ. Les banques (Crédit Agricole, Crédit Mutuel Arkéa, la Caisse d'Épargne et la BPO) détiennent ainsi un peu plus de 50%, le reste se partageant entre la Région Bretagne, Oséo et la Caisse des Dépôts.




30 participations

La mission de BJE? De l'apport en capitaux propres mais aussi de l'expertise. «On joue beaucoup le rôle de miroir», souligne son président Christophe Blanchy, par ailleurs directeur général d'Unexo (filiale des Caisses du Crédit Agricole). «Le chef d'entreprise est seul, il est face à lui-même et en règle générale, il n'a pas monté d'entreprise avant. Avec BJE, il a quelqu'un de neutre, qui lui délivre des conseils neutres. C'est un regard extérieur bienveillant.» À fin 2011, BJE comptabilisait 30 participations. Et depuis sa création, la société a investi dans 42 sociétés, pour un montant total d'investissements de 6,8M€. Les tickets se montent à 150K€ pour le premier tour, 300 K€ au final maximum. «Et nous intervenons toujours en participation minoritaire», précise Frank Stephan. Originalité de la structure, un comité d'investissement composé de trois chefs d'entreprise (David Leuray - Vacances.com; Pascal Martin - Armorgreen; et Jean-Marc Gandon - Biotrial) est sollicité pour expertiser les dossiers. Et la sélection est rude. En 2010, sur 70 dossiers reçus, «on en a gardé trois», précise le directeur exécutif.




«Six mois pour les convaincre»

Éric Leguy, patron d'Innetech, dans le Finistère, est l'un des heureux candidats retenus. En janvier2011, BJE est entré au capital de sa société spécialisée dans le traitement d'air. «On a mis six mois pour les convaincre, raconte le chef d'entreprise. Il a fallu monter tout un mémoire technique pour prouver que c'était innovant. On est aussi passé devant un expert nommé par Oséo. Ça crée un peu d'appréhension.» La réussite est toutefois à la clé. Après 1M€ de chiffre d'affaires en 2011, la PME de 20 salariés devrait atteindre les 2,5M€ cette année.

BJE



(Rennes) 02 99 31 73 26 www.bje-capital-risque.com

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