« Depuis le mois de mai 2016, les poids lourds n'ont plus le droit de circuler à Saint-Étienne de 23h à 6h du matin. Nous avions deux solutions : nous battre contre cette contrainte administrative ou nous adapter. Nous avons choisi la deuxième option et nous avons donc décidé d'être proactifs et de travailler en collaboration avec Saint-Étienne Métropole sur ce dossier ! ». Jean-Pierre Grangeon dirige la société familiale de transports Sogranlotrans (100 salariés ; chiffre d'affaires 2016 : 16 millions d'euros) implantée à Sorbiers. Représentant de la FNTR 42 (Fédération Nationale des Transports Routiers) à la commission technique de la FNTR nationale et représentant de cette dernière au Parlement Européen, il est le pilote du projet GNV Loire (Gaz Naturel Volontaire).
11 transporteurs, 15 véhicules
Après plusieurs mois de travail et de concertation au sein de la FNTR42, s'inspirant du premier projet GNV en France (dans la vallée de l'Arve), onze transporteurs ont décidé de se lancer. Il s'agit des entreprises Bayard, Chazot, Garnier, Lardon, Transports Montbrisonnais, Perbet, LTR Vialon, Sermaco, Sogranlotrans, Vericel et XPO. Ces onze entreprises ont commandé (à hauteur d'un ou deux tracteurs/porteurs chacune), 15 véhicules (Iveco et Renault Trucks) pour un montant global d'1,5 million d'euros. « Le différentiel entre le prix d'acquisition d'un véhicule roulant avec un carburant traditionnel et celui d'un véhicule roulant au gaz naturel comprimé est d'environ 30 % car la production de ces véhicules au gaz est limitée, il ne s'agit pas de grandes séries », explique Jean-Pierre Grangeon. Pour abaisser la marche, la FNTR42 s'est associée à l'ADEME et à GRDF. Les aides financières accordées par ces deux partenaires ont permis de réduire à seulement 10 % le surcoût. Malgré une tentative d'achat groupé des véhicules, l'option a finalement dû être abandonnée en raison des « spécificités techniques liée à chacune des entreprises »
Un pari ?
« Évidemment, nous ne pourrons pas répercuter cette hausse sur le client, le pari peut sembler risqué mais il vaut probablement mieux être les onze premiers à s'équiper que les onze derniers ». Le patron de Sogranlotrans n'est pas inquiet. « L'équilibre financier se fera, c'est presque certain. Ces véhicules représentent un formidable outil de communication auprès de nos clients. Ils doivent réduire leur bilan carbone, nous leur offrons la solution ! ».
Une station à un million d'euros
L'opération ne pouvait évidemment fonctionner qu'avec une solution de ravitaillement sur place. Le fournisseur d'énergie espagnol Endesa a été retenu pour construire la station et fournir le gaz. Ce concessionnaire finance cette mise en oeuvre (un million d'euros) et la gestion de l'équipement. Véhicules et station seront livrés en septembre prochain.