Selon des études récentes, 18 millions de Français et 41 millions d’Américains vivent désormais en zones inondables. Alors que les anomalies météorologiques s’enchaînent, comme l’ont encore montré en France les crues record de l’hiver 2025/2026, la société perpignanaise FlowStop (18 salariés) connaît un boom de croissance grâce à son produit-phare : des barrières gonflables anti-inondation qui protègent tout type d’ouvertures (portes, fenêtres, garages…).
Des besoins de plus en plus criants
Depuis le début de la commercialisation en 2022, la demande explose : 5 500 produits vendus en 2025 avec un objectif à plus de 10 000 en 2026, tandis que le chiffre d’affaires a triplé, passant de 1,7 à 5,2 millions d’euros en un an. "Après chaque grande inondation, la demande pour nos produits est multipliée par trois. Lors d’un premier épisode, les gens sont remboursés par leur assureur, mais à partir du deuxième, ils paient une franchise, les primes d’assurance s’envolent… Sans parler des 10 000 communes françaises qui, selon la Cour des comptes, ne sont plus assurables. Nos clients veulent être proactifs et se prémunir des conséquences des futures crues", analyse Bertrand Sylvestre, président de FlowStop.
Franchir un cap industriel en Amérique
FlowStop cible les zones soumises à de grandes inondations récurrentes, comme la Floride aux États-Unis. Après s’être appuyée sur des distributeurs locaux, la hausse des tarifs douaniers décidée par Donald Trump, en 2025, la pousse à franchir un cap sur place. La PME perpignanaise a investi 700 000 euros pour se doter d’un atelier de production, situé dans le New Hampshire, qu’elle a inauguré début 2026. La filiale américaine (3 salariés) dispose donc d’un nouvel outil industriel de 1 000 m2, muni d’un showroom pour accueillir les grands comptes, comme les assureurs amenés à recommander ses solutions.
L’entreprise réalise déjà la moitié de ses ventes outre-Atlantique, exclusivement en Floride. Après avoir généré 3 millions d’euros en local, elle vise le double en 2026. "Le nouvel atelier nous permet potentiellement de produire pour la totalité du marché américain, mais sa fonction première est de répondre aux commandes-express, en 48 ou 72 heures. Nous avançons bien dans d’autres États comme le Texas ou la Californie, de plus en plus inondés depuis cinq ans. Beaucoup de clients concernés ne prennent plus d’assurance et se protègent seuls", résume le dirigeant.
Une troisième usine à l’étude
Pour l’Europe, FlowStop s’appuie sur un partenaire disposant d’usines de textile industriel, où elle externalise le gros de sa production. Néanmoins, face à la poussée continue de la demande (500 ventes en France en février 2026, contre 200 pour un mois normal), l’entreprise projette de s’équiper d’un nouveau site de fabrication en 2027.
Bâtie "en Europe", l’usine sera la propriété directe de FlowStop ou bien de son partenaire. Elle réclamera un investissement de 1,5 million d’euros. "Comme pour les États-Unis, notre objectif est d’avoir une production express au lieu de livrer à trois ou quatre semaines. De plus, nous voulons gagner en souplesse de fabrication. Nous avons 20 tailles standards, ce qui convient aux maisons récentes dont les ouvertures sont normées. Pour les maisons anciennes, c’est un enjeu de production sur-mesure qu’il faut savoir traiter", indique Bertrand Sylvestre, qui projette aussi 6 recrutements en 2026.
Un nouvel horizon international
L’entreprise vend dans 28 pays grâce à ses distributeurs, notamment en Espagne, Italie et Angleterre en plus du marché domestique. Elle vise davantage de pays limitrophes, comme la Suisse et la Belgique en 2026. Son prévisionnel se monte à 8,5 millions d’euros cette année. "Arrivés au cap des 10 millions d’euros, nous devrons réfléchir à un autre passage à l’échelle industrielle. Cela passera par l’ouverture d’autres marchés comme l’Asie, et la sortie de nouveaux produits comme des protections anti-grêle ou anti-ouragan. En restant fidèles à notre approche : répondre aux besoins de nos clients, rapidement, avec des solutions facilement déployables".