Le projet de Contournement Est de Rouen inscrit au Schéma national des infrastructures territoriales (SNIT). Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes? Pas si sûr, car au moment même où ce dossier vieux de trente ans semble enfin trouver son épilogue, la question de son financement pourrait bien repousser de quelques années encore sa réalisation. Car si l'État, par la voix du préfet de région Rémi Caron, admet la nécessité «d'assurer la continuité autoroutière pour désengorger les quais de Rouen en permettant aux poids lourds roulant sur l'axe Nord-Sud d'éviter l'agglomération», il n'en va de même s'agissant «du barreau entre la liaison A28 et A13 et la voirie de l'agglomération», autrement appelé «la virgule», dont l'objet relève de «l'aménagement de l'agglomération et n'a donc pas vocation à relever de la compétence de l'État»! Le préfet assure pourtant que l'État entend faire en sorte que les deux morceaux de ce même puzzle «puissent être réalisés conjointement». À charge pour le comité de pilotage qu'il anime à compter de la rentrée «de définir de manière appropriée les modalités techniques, juridiques et de financement de réalisation de ces deux projets». Les élus locaux, eux, veulent y voir un mauvais coup porté au Contournement Est de Rouen et Didier Marie, le président du département dénonce «un gouvernement (qui) se défausse une nouvelle fois sur les collectivités locales». Un département qui avait proposé quelques mois plus tôt de prendre la maîtrise d'ouvrage de la fameuse «virgule» dans l'espoir de voir le dossier s'accélérer et qui se retrouverait pris au piège, aujourd'hui, de devoir en assurer le financement.
Si la décision de réaliser les infrastructures semble gravée dans le marbre, leur financement pose encore des questions.