Ils ont tous les deux moins de trente ans et s'apprêtent à lancer chacun une plate-forme de « crowdfunding ». Ces sites web qui permettent à des entrepreneurs de faire financer leurs projets en faisant appel aux internautes sont actuellement en plein essor. Selon une étude de Massolution, 2,7 milliards de dollars ont ainsi été collectés en 2012 dans le monde, un montant en croissance de 80 % sur un an. C'est sur ce marché que Thomas Derosne, fondateur de My New Start-up, et Jean-David Bar, de We Do Good, ont décidé de lancer leur start-up. Vendéen d'origine, diplômé de l'IAE de Nantes et de l'université de Bentley, le premier, 29 ans, a occupé divers postes au sein de directions financières aux États-Unis et en France. À 25 ans, le Rennais Jean-David Bar est, lui, fraîchement diplômé de l'école de management nantaise Audencia, qui incube sa jeune pousse.
Mêmes investisseurs ciblés, mais entreprises différentes
Dotées respectivement de 60.000 et 12.000 € de capital social, My New Start-up et We Do Good emploient chacune six personnes et mettront toutes les deux leur site en ligne dans les prochaines semaines. Alors que certains sites de crowdfunding imposent aux investisseurs des tickets d'entrée élevés, les deux start-up visent le plus grand nombre, de l'étudiant au business angel classique, en proposant des mises de départ de quelques euros. Reste que les entreprises ciblées par les deux plates-formes ne sont pas les mêmes. Chez My New Start-up, des entreprises, en phase d'amorçage ou de développement, issues de n'importe quel secteur pourront aller chercher des financements tandis que We Do Good se réserve à « des projets à impact positif sur la société », Jean-David Bar se disant sensible au développement durable et à l'entrepreneuriat social. Par ailleurs, We Do Good ciblera en priorité des projets ayant des besoins de financement inférieurs à 100 K€ quand My New Start-up proposera un spectre d'intervention allant de 50 à 500 K€. S'ils délaissent tous deux le prêt entre particuliers et le don, deux formes courantes de crowdfunding, les deux entrepreneurs ont opéré des choix différents au niveau de la forme de financement.
Produits ou actions ?
We Do Good propose uniquement des prises de participations minoritaires. Tout en étant positionnée sur l'acquisition d'actions, My New Start-up permet également aux internautes d'acheter par anticipation les produits de l'entreprise. Au niveau de leur mode opératoire, les deux plates-formes proposent aux entrepreneurs en quête de financement un cheminement assez proche. Après avoir déposé un dossier via internet, l'entreprise voit rapidement son projet soumis au vote des internautes. « D'autres sites imposent leur choix d'entreprise. Nous avons ouvert le spectre au maximum en donnant le pouvoir aux internautes », explique Thomas Derosne. C'est aussi « une façon de voir si le projet est assez mûr et de commencer à créer le buzz, ce qui est très important pour réussir à lever de l'argent dans le crowdfunding », ajoute Jean-David Bar. Les projets retenus pourront passer à la phase de collecte de fonds, qui durera 90 jours sur les deux sites. Et, à chaque fois, si le montant demandé n'est pas atteint, la campagne est annulée.
Conseiller ou média ?
Dans ce schéma, un élément d'ordre juridique sépare l'approche relativement proche des deux plateformes. Ayant obtenu un agrément de l'AMF, l'autorité des marchés financiers, lui conférant le statut de « conseil en investissement financier », My New Start-up réalise un audit social et financier de l'entreprise venant d'être plébiscitée par les internautes. N'ayant pas cet agrément, We Do Good se conçoit plus comme un média qu'un conseil financier. Quoi qu'il en soit, les deux vont proposer une nouvelle offre de financement. Une offre qui se veut aussi rapide que le web, un dossier pouvant obtenir son financement en moins de six mois.
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