Les professionnels ont dressé un bilan positif de la première fête des discothèques du 17septembre, au sein de 21 établissements morbihannais. Au programme: entrée gratuite dans les établissements, voyages à gagner et cocktail de bienvenue sans alcool. L'événement était destiné à revaloriser l'image du secteur. Et ce dans un département touché par l'accidentologie liée à l'alcool. En 2008, dans le Morbihan, l'abus de boisson était lié à 13,6% des accidents mais avait occasionné près de 35% des tués dans les accidents de circulation. «L'alcool seul représente 40% des accidents mortels», actualise Denis Labbé, sous-préfet de Lorient. «Conjugué à la vitesse, il représente plus des deux tiers des accidents.»
Ticket moyen en baisse
Le 17septembre, la boisson gratuite a en tout cas fait baisser le ticket moyen des consommations. Le volume de boissons débitées ne représentait plus que les deux tiers d'un vendredi soir classique dans un établissement comme le Pacific à Lorient. Ce dernier affiche 220m² de surface, 709.000€ de chiffre d'affaires en 2009 avec huit personnes à l'effectif et une capacité tolérée de 275 personnes. «La fréquentation a progressé de 50% lors de la Fête», remarque son dirigeant Claude Bichet, président des discothèques au sein de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) du Morbihan. Claude Bichet relève qu'«à Saint-Avé, le Black Minou m'a confié avoir effectué une bonne soirée, la Villa Kirov m'a également déclaré avoir réalisé un très bon vendredi.» Le Morbihan recense une cinquantaine de discothèques, avec seulement 35 adhérents à l'Umih. À raison d'une dizaine de salariés par boîte de nuit, environ 500 personnes sont rattachées à cette activité économique, qui n'échappe pas à certaines dérives de l'auto-entreprenariat. «Dans le Morbihan, du jour au lendemain, quatre salariés sur cinq d'une discothèque ont disparu de l'effectif et sont revenus y travailler en auto-entrepreneurs», constate Vincent Lanoë, responsable du service Inspection de l'Urssaf du Morbihan.
Saisonnalité
Le secteur génère pourtant des flux économiques conséquents dans le Morbihan avec «environ 25.000 clients le samedi soir», selon Claude Bichet. «Les établissements plus importants attirent 1.500 personnes par jour, les plus petits 200 personnes.» Les entreprises se concentrent à Vannes et Lorient. Sur le littoral, on observe un pic estival de fréquentation, avec certains établissements comme Les Chandelles à Carnac ou le Malvern à Arzon, qui sont principalement ouverts l'été. Depuis quelques années, la demande en début de semaine s'est fortement érodée, avec une concentration du marché le week-end. «Une tendance nationale touchant déjà trois à quatre ans avant le début de la crise tous les établissements de nuit», remarque Claude Bichet. L'effet du boom des rencontres sur internet?
La fête des discothèques a dopé la fréquentation mais pas la boisson.