Premier producteur français de champignons de Paris, leader en frais, la Ferme de la Gontière produit chaque semaine 130 à 140tonnes de champignons frais pied coupé à Comines et 45tonnes à Caen, dans son autre unité complémentaire pour le marché de l'ouest. Dans le Nord, l'entreprise dispose de vingt et une salles de cultures de 1.000m² chacune et de dix nouvelles salles de 600m² (3,5M€ investis), plus petites pour mieux maîtriser les conditions de pousse. Cet été, huit salles ont aussi bénéficié de travaux de rénovation.
Un million d'euros par an
«Nous investissons en moyenne un million d'euros par an en rénovation pour un outil de production très maîtrisé. Nos ventes sont programmées six mois à l'avance», souligne Didier Motte, P-dg de la Gontière, qui se considère plus agriculteur qu'industriel, également président depuis deux ans du groupement européen des producteurs de champignons (GEPC).
Que du frais Son leitmotiv: le frais. Il laisse la conserve et le surgelé à son concurrent de toujours France Champignon, racheté à Saumur l'an passé par le groupe Bonduelle. Hasard de l'opération: les deux leaders français du champignon sont désormais Nordistes. «Le marché du frais est en développement. C'est un produit moderne, avec des qualités nutritionnelles indéniables et dans l'air du temps du point de vue marketing, confie Didier Motte. Notre leitmotiv est de livrer nos clients à 24heures partout en France», ajoute-t-il exportant un peu en Belgique, où il achète surtout sa matière première: le compost. Il en consomme 500tonnes par semaine, renouvelées sur tapis automatisés.
Avec la grande distribution Aujourd'hui, la concurrence «la plus féroce» provient de Hollande et de Pologne. Avec un produit à la durée de vie de cinq jours, la Gontière joue bien sa carte logistique au nord de la France. La grande distribution représente 80% de sa clientèle, sous sa marque relookée il y a peu ou sous marques de distributeurs. «Le marché est là.» Hormis quelques pleurotes, il y a trois ans, Didier Motte s'est aussi lancé dans l'émincé frais, produit partagé pour moitié entre la restauration et la grande distribution.
«Une entreprise de main-d'oeuvre»
Tous les champignons de la Gontière sont cueillis à la main. «C'est avant tout une entreprise de main-d'oeuvre», se félicite Didier Motte, qui revendique fièrement le demi-siècle de son entreprise, développée sans aide ni subvention. «Cet anniversaire n'est pas neutre pour une PME. Les salariés se battent pour l'entreprise. C'est pour cela que nous sommes toujours là, malgré les difficultés!» Parmi ses marges de croissance figure notamment le développement de la production estivale, toujours un peu en retrait. Le champignon reste un produit lié aux fêtes de fin d'année.
G.B.
Agroalimentaire À Comines, la Gontière n'en finit pas de pousser. Le nº1français du champignon frais a 50ans et continue d'investir en extensions et modernisations.