La mise en conformité des entreprises avec la facturation électronique s’est accélérée durant l’été. Selon les données présentées par Tiime, 4,2 millions d’entreprises auraient désormais choisi une plateforme agréée, soit 58 % des quelque 7 millions d’entreprises comptabilisées par la fintech. Elles n’étaient que 36 % fin juillet. L’étude OpinionWay commandée par Tiime, réalisée du 3 au 11 août auprès de 401 indépendants et dirigeants de TPE de moins de 20 salariés, montre cependant des écarts importants selon la taille et le statut des entreprises.
Les plus petites entreprises moins préparées
Parmi les entrepreneurs exerçant sous un statut individuel – autoentrepreneurs, microentreprises et entreprises individuelles –, 46 % déclarent prévoir d’être prêts à temps, contre 72 % pour les entreprises constituées notamment en SASU ou SARL.
La taille de l’entreprise fait également apparaître des différences. La moitié des entreprises sans salarié anticipent une mise en conformité dans les délais, contre 81 % des structures employant entre 10 et 19 salariés. Les services aux entreprises affichent le taux de préparation le plus élevé, à 67 %, tandis qu’il oscille entre 51 % et 53 % dans l’industrie-construction, le commerce et les services aux particuliers.
Le retard s’accompagne d’un niveau de digitalisation encore limité. 64 % des entreprises interrogées déclarent continuer à produire leurs factures avec un logiciel bureautique comme Excel ou Word, voire à la main. Cette proportion atteint 86 % dans l’industrie et la construction.
Une réforme connue mais encore mal comprise
Si 91 % des dirigeants interrogés ont entendu parler de la réforme, seuls 37 % déclarent savoir précisément ce qu’elle contient. Près d’un quart pensent même ne pas être concernés par l’obligation et 14 % ne savent pas s’ils le sont.
Pour les entreprises qui ne sont pas encore équipées, le prix n’apparaît pas comme le premier obstacle. 32 % disent ne pas savoir quelle plateforme agréée choisir, devant le manque de temps (27 %), le sentiment de ne pas être concerné (24 %) et le budget (22 %). Chez les entreprises de trois à neuf salariés, 47 % évoquent la difficulté à choisir leur plateforme.
L’étude relève par ailleurs une certaine défiance envers la réforme : 71 % des dirigeants interrogés anticipent une hausse de leur charge administrative. À l’inverse, 47 % estiment que la facturation électronique pourrait contribuer à réduire les délais de paiement de leurs clients.
« Les plus petites structures restent les moins informées et les moins équipées », estime Maxime Digue, cofondateur et directeur général de Tiime, qui considère désormais l’accompagnement dans le choix d’une plateforme comme l’un des principaux enjeux de la réforme.