Un road show régional. En mars, cinq ans après l'introduction en bourse d'Evolis sur Alternext, Emmanuel Picot, son P-dg et Cécile Belanger, la vice-présidente, sont partis en tournée à Angers, La Roche-sur-Yon et Nantes, à la rencontre des actionnaires, investisseurs, financiers et petits porteurs. Pour annoncer des bonnes nouvelles: le versement d'un dividende de 0.27 € sera proposé lors de l'AG du 28avril. Depuis 5 ans, et son entrée sur la place financière, c'est 5M€ qui auront été versés avec une valorisation moyenne annuelle de 9%. «On peut considérer que le parcours boursier nous a permis de nous développer et d'avoir une certaine rentabilité de cette croissance. Nous avons les ressources et les moyens d'assurer notre développement», indique Emmanuel Picot comme pour exclure toute augmentation éventuelle de capital malgré l'ambition de devenir le numéro un mondial. Evolis fête ses dix ans en enregistrant un chiffre d'affaires record à 42,5M€, en progression de 30%, Le résultat net s'élève à 5,5M€ (67,2%) et la marge nette à 13%. Sans évoquer toutes les lignes du compte de résultat, le groupe Evolis dispose, au 31décembre 2010, d'une trésorerie nette de 12M€ et des capitaux propres de 31,7M€. «Le contexte économique nous a été plus favorable par rapport à 2009 (32,7M€ de CA, - 12%). La sortie de crise nous a boosté. Notre soutien financier à nos distributeurs (2M€) et notre stratégie commerciale agressive nous ont permis de prendre des parts de marché à nos concurrents», explique Cécile Belanger, la vice-présidente.
Santé, transports, gouvernements, banques...
Avec 160.000 unités vendues dans 125 pays depuis ses débuts, le fabricant d'imprimantes pour cartes technologiques est le deuxième acteur au monde, derrière Datacard et devant Zebra, deux entreprises américaines. Les machines d'Evolis, fabriquées dans le Maine-et-Loire, sont utilisées pour l'impression de cartes de fidélité (Intermarché), de titres de transports (Pass Navigo pour la RATP), de pièces d'identité (permis de conduire en Inde), dans la santé, l'éducation, l'événementiel et la banque en Asie, devenu le premier segment de marché du groupe.
«Repositionner l'offre»
À ce jour, l'entreprise basée à Beaucouzé détient 20% de part de marché alors même, souligne le dirigeant, que la parité dollar/euro lui est défavorable. C'est son innovation, avec l'intégration continue de nouveaux encodeurs dans ses machines, mais aussi la constitution d'un réseau de distributeurs mondial, qui lui a permis de résister aux phénomènes conjoncturels.
Pour autant, la direction d'Evolis n'entend pas se contenter de ses 400 clients pour continuer de croître. L'objectif est d'installer encore plus de machines, afin de développer la vente de consommables (+25% en 2010), véritable rôle tampon en période de crise. Evolis vient d'ailleurs de créer une marque propre pour renforcer sa notoriété internationale. «Pour les cinq ans à venir, on propose de repositionner l'offre afin de démocratiser notre produit. La gamme (300 références) va être complètement renouvelée. On va adapter nos réseaux de distribution pour capter des marchés plus petits mais aussi nationaux et internationaux. On se donne trois ans pour constituer ce réseau et offrir des solutions packagées.»
L'esprit de conquête a semble-t-il toujours animé les fondateurs d'Evolis. Mais cette confiance ne saurait être porteuse sans un marché réceptif. Emmanuel Picot en est persuadé: la carte électronique a de l'avenir. La demande de personnalisation, de service, de sécurité serait exponentielle. Le développement attendu d'applications sur les smartphones, notamment dans la monétique, se passant dès lors de tout support, ne constitue pas une crainte à ses yeux. «Je ne crois pas à un impact fort sur notre activité. On le vit actuellement en Corée du Sud où le paiement via le mobile existe. Les deux sont complémentaires.»
Tendre vers le coût chinois
Le dirigeant imagine davantage de nouvelles opportunités dans la décentralisation de l'impression, dans la conduite de projets spécifiques pour les clients et dans la demande provenant des pays émergents. Au premier rang desquels le marché chinois. Evolis y possède un bureau de représentation alors que celui de Tokyo va fermer, la situation actuelle au Japon offrant peu de visibilité. «On doit continuer à rationaliser pour se rapprocher du coût chinois. Ce sont des efforts considérables mais qui nous permettront à terme de relever ces nouveaux défis.»
Evolis
(Beaucouzé) P-dg: Emmanuel Picot
CA: 42,5M€ 160 salariés Contact: 02 41 36 76 06; @email