« Les discussions sont très avancées dans la constitution du tour de table, avec une quinzaine d'organisations différentes. Notre souhait est d'atteindre trois à cinq partenaires, tous Français, dans cette levée de fonds. » Comme le confirme Laurent Husson, co-fondateur et CEO d'European Xlab (CA : entre 1 et 5 millions d'euros selon les projets en cours ou finalisés, effectif permanent : 15 personnes) près de Toulouse, le laboratoire privé « dédié à la conception et à la mise en oeuvre d'écosystèmes et de pôles d'activité innovants », mène actuellement une levée de fonds de 15 millions d'euros dans le cadre de Climate City, la cité du climat qu'elle souhaite installer à Chambley Planet'Air. Ce site est à la fois connu pour avoir accueilli le projet Skylander, avorté en 2013, mais il s'y déroule également tous les deux ans, le plus grand rassemblement de montgolfières au monde. Une convention a été signée l'été dernier entre Laurent Husson et Jean-Pierre Masseret, à l'époque président du conseil régional de Lorraine, justement lors du Lorraine Mondial Air Ballons pour annoncer l'arrivée de ce projet accès sur l'étude du climat. Parmi les grandes annonces, celle de la création de 100 emplois à horizon 2018 avait notamment retenu l'attention. Quelques mois plus tard, Laurent Husson et Dorian Penner, directeur général délégué en charge du développement stratégique se sont rendus au conseil régional début mars, pour rencontrer le nouvel exécutif. « Il a confirmé poursuivre les engagements pris par l'ancienne équipe ».
1,8 millions d'euros de redevance par an
La levée de fonds de 15 millions d'euros « sera bouclée avant l'été » affirme Laurent Husson. « La société Climate City a été immatriculée en tant que SAS à Paris, mais le siège opérationnel sera à Chambley, le projet suit son cours comme prévu. Nous avons nommé un AMO (assistant à maîtrise d'ouvrage) qui est à pied d'oeuvre pour regarder dans le détail tous les éléments liés aux études d'impact, aux études environnementales, etc. » Ces 15 millions d'euros « sont une première étape dans le financement du projet. Ils permettront notamment de financer l'opérateur qui va exploiter l'activité Climate City. Nous mobilisons des investisseurs industriels privés, des fonds d'investissements. » European Xlab a également annoncé le « lancement des premiers programmes de R & D de Climate City, menés en coopération avec l'IRI (Institut de recherche international) de l'Université de Columbia, dans les villes de Niamey (Niger), Curitiba (Brésil) et Riyadh (Arabie Saoudite). » Les clients visés par l'entreprise toulousaine sont les villes et les collectivités. « Soit elles sont en urgence climatique, comme les pays de l'hémisphère sud, soit elles sont en exigence climatique (hémisphère nord) », explique Laurent Husson. « Depuis la COP21, nous sommes en relation avec une trentaine de pays qui souhaiteraient utiliser nos moyens opérationnels. » Concrètement, à Chambley Planet'air, « nous allons concevoir les infrastructures de mesure aéroportées
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» Seront donc calibrés, réglés, et produits en Lorraine ces « climate birds » (avions, ballons atmosphériques, drones, objets volants
, etc.) qui évolueront tous entre 0 et 1.500 mètres sur des zones urbaines, « car c'est dans cette espace-là qu'il y a un trou dans la raquette pour observer le climat. Nous déploierons ensuite les climate birds au-dessus des villes. Dix à vingt climate birds vont chacun mesurer 50 paramètres principaux pour comprendre le changement climatique, ils feront redescendre les informations dans un petit bureau local, puis à Chambley, qui sera le centre d'opérations, de traitement des données climatiques. Les clients pourront ensuite les exploiter. L'idée est de créer un réseau de données et de statistiques, que nous avons appelé internet du climat, dont la marque a été déposée au niveau mondial, tout comme Climate City et climate birds ». European Xlab est actuellement en train de construire un modèle de financement pour ses infrastructures. « Nos clients n'achètent pas les climate birds. Nous déployons l'infrastructure, et ils payent une location, en quelque sorte, une redevance, d'un montant d'1,8 millions d'euros par an, en échange nous exploitons les climate birds, on les entretient, on les modifie, on les adapte. » Une somme non négligeable pour ces clients non privés. Soit la ville possède des finances lui permettant de s'allouer les services de Climate City via ses propres fonds, soit « la ville va bénéficier du soutien d'organismes. Les fonds climatiques internationaux, comme le Global environnement facility (GEF), prendront en charge le coût pour les villes n'ayant pas les moyens de régler la redevance. »
Centre de recherche à 53 M?
Un pari risqué, pour la faisabilité du projet. « Ce qui est certain, c'est que sans contrat signé, le centre de recherche, qui va nécessiter une levée de fonds de 53 M?, ne se fera pas », confirme Laurent Husson. L'objectif affiché est de déposer un permis de construire pour le centre de recherche fin mai, « il devrait sortir de terre fin 2018, début 2019. Au total, Climate City va embaucher d'ici cinq ans 750 personnes. 350 personnes seront déployées de par le monde, pour gérer chaque mini centre Climate City, près des villes, et 300 chercheurs travailleront sur le centre de recherche ». Par étape, cette année, l'effectif devrait être de 21 personnes, dont les deux tiers seraient à Chambley.
Environnement La société European Xlab affirme qu'elle lèvera avant l'été 15 M?, dans le cadre de la Cité du climat qu'elle souhaite créer à Chambley. Le point sur les avancées de ce projet, dont le financement serait en partie assuré par la communauté internationale.