Étienne Snoeck : Investigateur de l'infiniment petit

Étienne Snoeck : Investigateur de l'infiniment petit

C'est une consécration pour Étienne Snoeck, directeur de recherches au laboratoire CEMES-CNRS. Spécialiste de la structure nanométrique des matériaux, il vient d'obtenir 6,5M€ de l'État et de la Région pour développer un microscope électronique «unique au monde». L'innovation? «Jusqu'à présent, l'étude microscopique de la matière se fait essentiellement à l'état statique. Il s'agit ici de filmer et étudier la réaction, la déformation de nano-particules de matériaux soumises à des contraintes mécaniques, magnétiques, électriques, thermiques. Les enjeux de cette approche sont profonds, tant sur le plan de la recherche fondamentale que pour les applications industrielles. Nous allons pouvoir apporter une répondre plus adaptée aux acteurs de la micro-électronique qui ont besoin de connaître de façon précise les propriétés des composants soumis très localement à des contraintes physiques. De même, les entreprises qui développent des capteurs magnétiques ou de nouveaux nanomatériaux seront directement concernées par nos recherches», explique Étienne Snoeck. Avec quatre de ses collègues, il est aussi à l'origine de plusieurs brevets, dont l'un a fait récemment l'objet de licences acquises par des géants tels qu'IBM et un grand groupe sud-coréen. C'est un autre acteur de l'Asie du Sud-Est, le Japonais Hitachi, qui va construire le nouveau microscope avec un cahier des charges bien précis. Dès qu'elle sera opérationnelle, la nouvelle mécanique sera mise à disposition des chercheurs français.