véritable défi...
C'est un projet que je suis depuis 2006, date à laquelle se sont libérées des fréquences grâce au numérique. Comme au temps des radios FM, je me suis dit que c'était un moment important. Mon parcours de création, de production d'émissions (Thalassa, Faut pas rêver, NDLR), les compétences journalistiques de l'agence pour réaliser les web TV de plusieurs collectivités, m'ont incité à penser que nous pouvions combiner les moyens nécessaires à l'ouverture d'une télévision en locale.
Quelles sont les raisons du nouvel appel à candidature du CSA?
D'abord, avoir une couverture du territoire plus large et plus cohérente en s'appuyant sur l'émetteur de Rouen mais aussi de Neufchâtel donc, un objectif de télé régionale. C'est une démarche que je comprends car il faut pouvoir disposer d'un socle de vie cohérent mais il faut aussi qu'il ne soit pas trop grand pour des questions de contraintes financières. Ce que je crois, c'est que les gens attendent de la proximité, non pas une télé qui regrouperait Haute et Basse-Normandie. Pour moi, la bonne proportion serait un bassin de vie de 70km autour de Rouen. LeHavre et sa zone méritant certainement sa propre télé locale.
Quels types d'émissions peuvent être envisagés? Il faut aller à la rencontre des habitants et leur donner la parole. Programme phare de la chaîne, le journal doit traiter de tous les sujets et réserver une partie de son contenu aux choses qui fonctionnent, mettre en avant les initiatives, pas seulement jouer sur la polémique. Les autres émissions doivent clairement s'inscrire dans une culture de missions de service publique et donner des infos utiles et pratiques à l'ensemble des citoyens. Quant aux émissions du week-end, elles doivent s'orienter prioritairement sur des propositions touristiques, les sorties, la découverte du territoire. D'où l'idée de ne pas être enclavé au Grand Rouen et de proposer des émissions sur toute la Normandie, voire au delà.
Quel financement pourra permettre la mise en route d'un tel projet?
Pour faire un
e belle télé, il faudrait entre 3 à 5M€. Mais il faut être réaliste et partir du réel en regardant ce que font les autres. 1,5M€ c'est le budget moyen nécessaire à une agglo comme Rouen. En terme d'effectifs, cela représente seize personnes dont la moitié pour la rédaction. Il faut comprendre que ce secteur de la télé locale est difficile, plusieurs télés existantes comme Toulouse ou LeMans TV sont en difficultés. Le CSA s'est ému de cette situation qui est liée en grande partie au fait que les télés n'ont pas encore trouvé le bon modèle économique. Et puis, les recettes publicitaires sont difficiles à capter quand on n'a pas encore de notoriété. C'est pourquoi il faut faire une grille des programmes qui part d'un budget réaliste. Si mon projet était retenu, une nouvelle société serait créée: TV 76, pour laquelle six associés sont déjà en lice, et une augmentation de capital serait réalisée. De plus, j'ai rencontré la quasi-totalité des collectivités territoriales qui portent une grande attention au développement d'une télé locale et restent attentives au développement du projet.
Entretien Sébastien Colle
www.biplan.fr
Alors que le CSA lance une nouvelle consultation publique afin de mettre en place une télévision locale avec une zone de couverture élargie, Éric Terrier, gérant de la société Biplan à Rouen, candidat pour mettre en place le projet, explique ce que pourrait être demain la nouvelle chaîne.
Cette future télé locale, c'est un