Est signalisation raille la crise
# Services

Est signalisation raille la crise

Est signalisation a signé un contrat-cadre qui lui assure un avenir serein. Même si la sous-traitance sur les grands chantiers ferroviaires peut souffrir des partenariats public-privé. Matthieu Leman

Contrairement aux voies ferrées, qui n'apprécient pas les courbes, l'histoire d'Est signalisation a connu de nombreux tournants. De grandes amplitudes dans ses effectifs (160 salariés dans les années 90, 35 aujourd'hui avec un objectif de 45 à la fin de l'année), mais aussi dans son activité, avec notamment deux trous d'air en 1981 et en 1999. Après de nombreux retentissements, l'entreprise spécialisée dans l'installation de signalisations électriques ferroviaires est aujourd'hui «arrivée au top», selon Caroline Vogt-Coulange, son directeur général. Une position symbolisée par «l'agrément Toute importance» que lui a octroyé la SNCF.




Contrat-cadre avec RFF

C'est ce label qui a permis à l'entreprise familiale fondée le premier août1977 par un ancien cheminot, Charles Vogt, qui en est toujours le P-dg, d'obtenir le marché qui lui assure une activité et une rentabilité appréciables. Remporté en 2006, ce contrat-cadre mis en jeu par Réseau ferré de France (qui représente 75% du chiffre d'affaires de la société) porte sur le renouvellement des Postes à relais et commandes informatiques (PRCI) vieillissants des gares françaises. «Nous avons déposé une offre commune avec Thalès, qui fabrique le matériel mais ne dispose pas d'équipes d'installation», explique la Lorraine. Un succès d'autant plus satisfaisant qu'il a été remporté aux dépens du concurrent de toujours, Alsthom.




Visibilité jusqu'en 2012

Une cinquantaine de PRCI devraient être concernés. Les 1recommandes ont d'ores et déjà été réalisées. L'équipement de la gare de Longueau (évalué à 900.000€) l'a été fin janvier. Les installations de ceux de Compiègne (700.000€) et de Bourg-en-Bresse (1,5M€) sont en cours. En 2009 toujours, trois autres chantiers sont programmés, deux en attente. Il y en a trois d'actés pour 2010, deux en 2011 et deux en 2012. De quoi voir venir, à tel point que Caroline Vogt-Coulange ne jette qu'un regard distrait sur les quatre projets de construction de Lignes à grande vitesse (LGV) inscrits dans le plan de relance du gouvernement. «Notre carnet de commandes est bien fourni, donc je ne sais pas si je répondrai aux appels d'offres.» D'autant que l'entreprise installée à Blainville-sur-l'Eau conserve un souvenir amer du marché de la signalisation de la LGV Est. «Nous étions de loin les moins-disants, mais c'est Alsthom qui a été choisi...»




Moins de sous-traitance?

Dans le même domaine du ferroviaire, l'entreprise voisine Fornoni Amédée SA (Damelevières) n'est pas plus enthousiaste. «Ces chantiers de grosse importance reviennent aux grands groupes, explique Louis Fornoni, président de l'entreprise spécialisée dans les travaux d'infrastructure (9M€ de chiffre d'affaires en 2008). Nous ne pouvons espérer que des contrats de sous-traitance.» L'entreprise du Lunévillois, qui a travaillé notamment sur le chantier du tramtrain de Mulhouse (contrat de 1M€), revendique cependant 25% de son activité réalisés en qualité de sous-traitant. «Mais je crains que les prochaines LGV se fassent sous la forme de Partenariats public-privé. Des groupes comme Vinci et Bouygues (qui possèdent deux des acteurs majeurs du secteur ferroviaire, NDLR) vont être capables de réunir tous les corps de métier avec leurs filiales, ce qui réduira la sous-traitance.»




«Chantier du siècle»

En 1999, Est signalisation avait rencontré un succès décisif, et même salvateur, avec le marché de la signalisation de la ligne Eurostar. «J'avais reçu l'appel d'offres mais en anglais... Comme il ne voulait pas le traduire, je n'avais pas donné suite, raconte Caroline Vogt-Coulange. C'est Sistra, le bureau d'études de la SNCF qui a répondu, remporté l'appel d'offres et nous a choisis comme sous-traitant. Ca nous a sortis du trou comme je ne l'aurais jamais pensé!» Ce «chantier du siècle», comme elle le qualifie, a remis sur les rails l'entreprise lorraine, qui devrait recruter «un électricien par mois pendant toute l'année 2009».

# Services