Une centrale photovoltaïque villageoise devrait se construire à partir de cet été et pour 36 mois à Méaudre, dans le Vercors. L'un des objectifs premiers, selon Mathieu Terenti, coordinateur ERDF des projets smart grids en Rhône-Alpes et Bourgogne, est de « couvrir le plus possible les besoins du village et, à terme, d'y associer du stockage ». C'est l'un des projets en cours d'élaboration le plus excentré d'ERDF dans la région. Le distributeur d'énergie, qui emploie 5.500 salariés en Rhône-Alpes et Bourgogne, ne veut plus se contenter de distribuer mais vise également l'analyse et l'anticipation des nouveaux usages de l'électricité, le tout passant par les smart grids, des systèmes électriques intelligents exploitant les nouvelles technologies. Rhône-Alpes est l'un des terrains d'expérimentation favoris d'ERDF. Mathieu Terenti l'affirme, « 30 % des projets nationaux se déroulent dans la région car elle bénéficie de pôles de compétitivité et d'un tissu académique favorables à l'énergie. Lyon et Grenoble sont deux poumons qui illustrent ce que pourrait être la ville de demain, durable et écocitoyenne, avec le quartier neuf de Confluence à Lyon et le quartier rénové de la Caserne de Bonne à Grenoble ».
Filière industrielle
Le plus gros projet systémique du producteur au consommateur s'appelle Greenlys. « C'est une version "intégratrice" des réseaux du futur, explique Mathieu Terenti, qui représente 40 M€ d'investissement sur 2011-2015. Nous allons construire deux plateformes technologiques en 2016, l'une à Lyon, l'autre à Grenoble, qui nous poussent à trouver des solutions technologiques et réglementaires nouvelles. » ERDF coordonne ce projet avec une douzaine d'autres entités, les principales étant Gaz électricité de Grenoble (GEG), Grenoble INP, GDF Suez et Schneider electric. Sous le nom de Smart electric, ERDF crée également une filière industrielle d'acteurs pour les équipements connectés à Linky. Ils devraient être une vingtaine, de Legrand à Somfy en passant par Ciat et Schneider electric, à participer à partir de cette année. Linky, c'est ce compteur communicant mis au point et expérimenté en 2010 et 2011 en Indre-et-Loire et à Lyon auprès de 300.000 clients. ERDF a obtenu l'approbation de la Commission de régulation de l'énergie et n'attend plus que l'accord final du gouvernement, dans le courant du premier semestre 2013, pour le généraliser d'ici à 2020 auprès de ses 35 millions de clients français. Marc Boillot, directeur de la stratégie et des grands projets d'ERDF, affiche un programme national très ambitieux de déploiement à partir de 2014, représentant un investissement de 4,5 Md€. Selon lui, ce projet permettra la création de 10.000 emplois en France, de la fabrication des compteurs à leur pose, en passant par la formation, l'homologation, les tests, etc. « Avec Linky, ERDF est parmi les distributeurs européens les plus avancés sur les projets de grande taille, affirme Marc Boillot. Et nous sommes très surveillés par nos homologues européens car quand on développe une technologie, bien souvent elle fait référence. » ERDF participe d'ailleurs à plusieurs projets internationaux au départ de Rhône-Alpes, comme par exemple le projet européen Transform coordonné par la ville d'Amsterdam. Ce projet de 7,8 M€ en partenariat avec le Grand Lyon imagine la planification énergétique des villes à l'horizon 2030-2050.
www.erdfdistribution.fr
ERDF multiplie les projets de smart grids en Rhône-Alpes. La région se révèle un terrain d'expérimentation pour le distributeur d'énergie.