Le girondin Epsilon Composite (230 salariés, 35 M€ de CA), concepteur et fabricant de pièces en matériaux composites à base de fibre de carbone, avance ses pions en Inde. Après l’ouverture en octobre 2025 de sa filiale HindEpsilon Composite, la PME a fait partie de la délégation officielle d’entreprises ayant accompagné Emmanuel Macron en Inde, du 17 au 19 février 2026. Elle n’était ni la plus grosse boîte du cortège (plus de 110 entreprises dont CMA CGM, Schneider Electric ou Safran), ni la moins ambitieuse.
Une première usine à 6 millions d’euros
L’occasion pour son directeur général délégué, Alexandre Lull, de donner quelques précisions sur sa future implantation industrielle dans le pays. "Nous avons déjà lancé l’achat des machines et sommes actuellement en phase de sélection du bâtiment que nous allons louer. Nous espérons l’occuper en 2026 et lancer la production sur place en 2027", indique le dirigeant, qui révèle un investissement "d’environ 6 millions d’euros" pour cette première usine indienne. "Il y aura une montée en charge progressive, mais nous devrions démarrer avec 30 à 50 personnes sur place."
Essor électrique
Cet essor indien n’est pas un hasard pour Epsilon Composite, spécialiste de la pultrusion, procédé de fabrication en continu et automatisé de profilés qu’il a adapté à la fibre de carbone. Ciblant de plus en plus le marché de l’énergie pour remplacer l’âme des câbles en acier des lignes à haute tension par des matériaux composites, il compte bien tirer profit de l’essor grandissant des besoins en électrification, notamment en Inde.
"La fabrication de l’usine visera à plus de 90 % le marché des infrastructures électriques", assure Alexandre Lull. "La fourniture de pièces pour les fabricants de machines — notamment pour la plasturgie — indiens fera partie de nos autres marchés."
"L’Inde dispose d’un des plus grands plans de transformation du réseau électrique au monde", rappelle-t-il. Le pays pourrait en effet voir sa demande d’énergie électrique tripler d’ici à 2040, selon l’Agence internationale de l’énergie (IAE). "L’Inde est déjà un marché important pour nous et ça va le devenir encore plus", poursuit le dirigeant, qui révèle avoir déjà "une dizaine de projets" en cours "dans quatre états différents" du pays.
Premier marché mondial
Epsilon a aussi profité de la visite diplomatique pour décrocher localement de nouveaux contrats. La société cite notamment "trois contrats majeurs" pour fournir les fameux câbles dédiés aux lignes électriques, censés augmenter les capacités des lignes existantes sans les remplacer, et "une commande des forces spéciales indiennes" pour ses brancards en fibre de carbone Blacklite, un carbone développé en interne dans son usine de Gaillan-en-Médoc et testé depuis 2020.
"L’Inde est déjà un marché important pour nous et ça va le devenir encore plus."
"Il est assez largement adopté en Europe et les débuts en Inde, où l’Armée veut du matériel moderne et souhaite être moins dépendante du matériel américain ou chinois, sont prometteurs", poursuit Alexandre Lull.
Ainsi, l’Inde est déjà cité par Epsilon comme "son premier marché mondial" pour l’année 2026, elle qui réalise déjà plus de 80 % de son chiffre d’affaires à l’export. La société, qui se positionne grâce à cette visite présidentielle comme "partenaire important d’une coopération franco-indienne élargie", mise plus que jamais sur le "gros potentiel de croissance dans les secteurs de la Défense, de l’énergie et des infrastructures" de l’Inde pour s’y développer.