1.650MW de puissance, 13 Twh d'électricité produits par an, soit 2% de la production française, sur une durée prévisionnelle de 60 ans, la nouvelle unité nucléaire de production d'électricité d'EDF promet un rendement supérieur aux générations précédentes. Mais avant d'entamer la construction de l'EPR, une procédure de débat public, instituée par la loi du 2février 1995 doit être menée. À l'issue de ce débat d'une durée de quatre mois, EDF, le maître d'ouvrage, devra prendre position pour dire s'il abandonne ou poursuit son projet. Et, s'il poursuit, dire comment en tenant compte du débat. Pour Didier Houi, président de la commission particulière du débat public sur Penly3: «C'est une occasion rare car peu de débats publics ont porté jusqu'alors sur des installations électronucléaires». Au total, douze réunions sont prévues au cours du débat public.
Un débat utile
Pour Philippe Deslandes, président de la Commission nationale du débat public (CNDP), le débat c'est: «La transparence, il n'y a pas de sujets tabous. Le fait que le débat ait lieu en même temps que celui du parc éolien en pleine mer, tous deux à des fins de production d'électricité est symptomatique d'un désir de transparence». Philippe Deslandes qui précise que seules les opinions argumentées seront prises en compte dans le débat: «Les opinions non argumentées ne sont pas reprises dans les comptes rendus. Le débat public n'est ni un sondage, ni un référendum: c'est l'exploration de controverses, un moment important du projet». Présents au lancement du débat les membres du collectif «Stop à l'EPR» sont intervenus pour s'étonner que certains engagements pris par les pouvoirs publics ne puissent être tenus: «Il n'y aura pas de bilan d'exploitation de l'EPR de Flamanville à cause des retards: c'est un manque dans le débat qui était pourtant un engagement des pouvoirs publics». Pour Philippe Deslandes, Areva sera en mesure de répondre à ce questionnement et Didier Houi d'ajouter que: «La commission s'engage à apporter des réponses».
Des opposants remontés
Suite au lancement du débat public, les opposants avaient organisé une autre conférence de presse au même endroit pour dénoncer un projet qualifié par Alain Correa de «Stop à l'EPR» de: «gouffre budgétaire». Porte-parole du réseau «Sortir du nucléaire», Charlotte Mijeon à décidé de ne pas participer au débat: «Pourquoi débattre si la décision est déjà prise? Le débat est une simple procédure administrative pour faire accepter l'EPR à la population. C'est un réacteur dangereux et une aberration économique. Des alternatives au nucléaire sont possibles!»
Sébastien Colle
www.debatpublic-penly3.org
Lancé le 24mars dernier à Rouen au club de la presse de Haute-Normandie, le débat public sur le projet EPR de Penly, a débuté sous le feu de la critique de ses opposants.